The Batman

The Batman

Dix ans après l’épisode ultime de la trilogie dirigée par Christopher Nolan, THE DARK NIGHT RISES, voici THE BATMAN, un tout nouveau Batman (tant pour l’interprète, Robert Pattinson, que pour le réalisateur, Matt Reeves) qui s’aligne d’une certaine façon sur la volonté de Nolan à l’époque d’explorer le côté sombre du justicier de Gotham.

Bien loin donc du Batman de BATMAN VS SUPERMAN ou de celui dans JUSTICE LEAGUE, ce Batman nouveau sévit en justicier terrifiant dans une ville où le crime est partout. Basé sur un scénario de Peter Craig, à qui l’on doit notamment THE HUNGER GAMES: MOCKING JAY – PART 1 et PART 2 ou BLOOD FATHER, THE BATMAN s’inspire des comics « Batman: Année 1 » (Frank Miller) ou « Un long Halloween » de Jeph Loeb pour proposer une saga indépendante où sont déjà planifiés deux autres longs métrages.

Soyons clairs, globalement THE BATMAN est une réussite à la fois par sa mise en scène mais aussi par un scénario qui, en parallèle à de l’action bien chorégraphiée et bien filmée, propose une véritable enquête policière menée par le justicier de Gotham dans une ville pourrie jusqu’à la moelle.

Le film de Matt Reeves et de Peter Craig est clairement original tout en empruntant à l’imagerie de nombreux films. On citera en passant BLADE RUNNER pour cette Gotham où il pleut tout le temps et tout semble décrépi, à SE7EN ou ZODIAC pour le jeu du chat et de la souris entre tueur en série et enquêteur et enfin à FAST & FURIOUS pour la batmobile rugissante et effrayante à la fois.

Il est à noter que Gotham est bien entendu un microcosme de notre société et que le scénario ne se gêne pas pour le mettre en phase avec les préoccupations et les ambiguïtés de notre société contemporaine. Au vu des scandales politiques de ces dernières années dans nos pays et dans le reste du monde, la corruption et la méfiance politique qui baignent le film ne sont que des reflets de notre monde contemporain. Et l’on peut voir dans le désenchantement de Batman face aux criminels et aux politiciens corrompus, celui de beaucoup de citoyens actuellement.

Enfin, le casting est intéressant car loin de mettre en avant des cadors de Hollywood (à l’exception peut-être de Robert Pattinson, étoile montante), il privilégie des interprètes qui s’effacent derrière leurs personnages à l’instar de Colin Farrell (en Pingouin) ou Andy Serkis en Alfred ou des comédien.ne.s qui personnalisent parfaitement les héros et leurs ambiguïtés comme Zoë Kravitz, magnifique en Catwoman amoureuse de Batman, Paul Dano en tueur fou amateur d’énigmes ou John Turturro, mafieux souriant et brutal.

THE BATMAN mérite aussi une vision sur grand écran (l’Imax lui rend bien hommage) et marque sans aucun doute un renouveau au cinéma de notre chauve-souris favorite…

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