The Ballad of Buster Scuggs
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The Ballad of Buster Scruggs

par Thibault van de Werve
Publié: Dernière mise à jour le

Cotation :

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

En selle! The Ballad of Buster Scruggs nous emmènent vivre six histoires aux frontières du Far West américain.

 

Notre critique:

Il y a de nombreux mois maintenant, il fut annoncé que Joel et Ethan Coen travaillaient sur une mini-série pour Netflix. Il s’agit d’un western au casting impressionnant. Lors de l’annonce de la sélection de la Mostra de Venise, il fut également annoncé que la mini-série était devenu un film. Il ne restait plus qu’à savoir comment cela pouvait fonctionner sauf si la solution évidente était l’anthologie en six parties, ce qui est confirmé. En une fois, des craintes sont apparues car, le problème des anthologies, c’est la consistance, la régularité. Généralement, certaines parties sont meilleures -voire bien meilleures- que d’autres, ce qui déséquilibre l’ensemble et donne un goût amer. Malheureusement, THE BALLAD OF BUSTER SCRUGGS n’y fait pas exception.

Cela démarrait pourtant très bien avec le segment homonyme qui nous présente Buster Scruggs, un hors-la-loi excentrique et doué avec ses flingues. C’est cru, un peu sanglant, très drôle. La suite n’est pas mal non plus avec un segment consacré à un braqueur de banque (James Franco) qui va se retrouver la corde au cou avec une fin plutôt inattendue. C’est à partir du troisième segment que les choses se corsent. Cela devient plutôt ennuyant alors que Liam Neeson et Harry Medling (Dudley Dursey dans la saga Harry Potter) se donnent à fond. Les segments suivants ne seront pas bien meilleurs si ce n’est le cinquième qui parle d’une caravane de personnes déménageant vers l’ouest.

La bonne idée du film est de traiter divers aspects des westerns. Dans le premier segment, cela parle de hors-la-loi, il y a un saloon, cela se déroule dans une ville. Dans le second on a une banque, un braquage, des pendus, des indiens. Dans les suites, ce sont des saltimbanques, un chercheur d’or, une caravane, une diligence,… Bref, à peu près tous les éléments iconiques du far west apparaissent au fil des segments. C’est dommage que le résultat ne soit pas à la hauteur. Certains segments sont très bons, violents, drôles tandis que d’autres sont plus touchants, émouvants. La durée de chacun (le film fait tout de même 2h13 au total) fait que l’ensemble est très inégal. On retrouve pourtant le style des frères Coen mais il ne fait pas mouche systématiquement.

Le casting est très riche et très bon, quelle que soit la qualité du segment en question. Tim Blake Nelson est hilarant en Buster Scruggs, James Franco fidèle à lui-même dans le rôle du braqueur raté, Liam Neeson est mutique mais pas moins bon pour autant, Tom Waits est merveilleux (en même temps il l’est toujours au cinéma), Zoé Kazan sublime et douce et la liste est encore longue.

C’est frustrant de voir qu’à plusieurs reprises on passe un excellent moment alors que d’autres sont plus pénibles. Cela n’enlève rien au talent des frères, ni de leurs comédiens mais, on a un goût de trop peu, une simple frustration. Est-ce que la forme initiale serait meilleure ? Probablement. En développant plus certains segments, peut-être que le résultat de l’ensemble en sortirait grandi. Dans tous les cas, THE BALLAD OF BUSTER SCRUGGS n’est pas un film inintéressant, loin de là. Il sera prochainement sur Netflix.

 

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