Teströl és lélekröl

Lorsque l’on visionne CORPS ET AME (Teströl és lélekröl) de Ildikó Enyedi, on pense rapidement à Yorgos Lanthimos (THE KILLING OF A SACRED DEER, THE LOBSTER) car même si la filiation n’est pas directe, il y a chez le réalisateur grec et la réalisatrice hongroise cette volonté d’aborder le réel au travers d’une certaine vision fantastique ou fantasmagorique de la réalité.

Car si CORPS ET AME (Teströl és lélekröl) n’est en fait qu’une simple histoire d’amour sur un lieu de travail, la réalisatrice étudie cette relation naissante dans un abattoir, en en détaillant le processus particulier (processus qui contraste bien sûr avec l’idylle en cours) au travers d’images plutôt sanglantes, tout en mêlant à son intrigue une composante paranormale (les deux amants se rencontrent d’abord en rêve personnifiés l’un par un cerf majestueux et l’autre par une biche effarouchée).

Cette histoire d’amour onirique au milieu d’un abattoir n’échappe cependant pas à quelques longueurs mais compense largement cela par une mise en scène très maîtrisée, un jeu de comédiens tout en subtilité et un scénario complexe très cohérent malgré le brassage des genres.

A l’instar du travail d’un Lanthimos, tout le monde ne rentrera pas dans l’univers de Enyedi, mais CORPS ET AME (Teströl és lélekröl) a au moins l’immense mérite d’une originalité sans failles et d’une richesse qui pousse à la réflexion en proposant un autre point de vue sur la difficile naissance d’un amour.

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