Stupeur Et Tremblements
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Stupeur Et Tremblements

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 107′
Genre:
Date de sortie: 25/03/2003

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

« Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n’étais la supérieure de personne. On pourrait dire les choses autrement. J’étais aux ordres de mademoiselle Mori, qui était aux ordres de monsieur Saito, et ainsi de suite, avec cette précision que les ordres pouvaient, en aval, sauter les échelons hiérarchiques. Donc, dans la compagnie Yumimoto, j’étais aux ordres de tout le monde. »

 

Notre critique:

Plus qu’adaptation, le mot transposition semble le mieux convenir à ce STUPEUR ET TREMBLEMENTS tant le film d’Alain Corneau est fidèle au livre d’Amélie Nothomb.

Nous voici donc en plein clash culturel: l’Orient et l’Occident, le Japon et la Belgique, s’affrontent à coups de regards et de répliques assassines. C’est raffiné, finement cruel et délicieusement relevé d’un humour décalé. Et si tout porte à croire que le personnage d’Amélie vit l’enfer sur terre, le jeu du chat et de la souris qui s’établit entre les membres de cette société japonaise et Amélie ne se joue pas forcément de la manière dont on pourrait le croire.

La composition de Sylvie Testud est remarquable. Elle est une Amélie Nothomb plus vraie que nature et parvient à se glisser dans la peau de ce personnage à la mécanique complexe. Pour peu que l’on connaisse l’écrivain, il est absolument saisissant de noter les ressemblances qui passent par la coupe de cheveux mais aussi dans le regard. On se prend donc à tenter de cerner ce personnage extrêmement intelligent, très finaud et qui connaît perpétuellement la portée de ses actions.

L’usage intempestif de la voix-off et le fait que l’action se déroule quasiment en huis-clos renforcent l’aspect littéraire du film. La force des mots est telle qu’elle affaiblit considérablement le travail sur l’image et on se prend à fermer les yeux pour se concentrer sur le phrasé jubilatoire de Sylvie Testud / Amélie Nothomb. Le film se fait livre et le livre s’est fait film. Qui a gagné ce subtil combat? Personne, car STUPEUR ET TREMBLEMENTS se situe sur une fine ligne à l’intersection entre deux médias. C’est un film qui s’écoute plus qu’il ne se regarde mais sans le film nous ne pourrions visionner le livre.