Space Cowboys
Accueil Critiques Space Cowboys

Space Cowboys

par Olivier Loncin
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 130’
Genre:
Date de sortie: 03/10/2000

Cotation:

5/ 6

Si vous avez manqué le début:

Frank, Hawk, Jerry et Tank, jeunes pilotes à l'US Air Force, se sont retrouvés sur la touche dans la grande aventure de l'espace pour cause d'attitude non conforme aux attentes de leur supérieur. On est en 1958.
42 ans plus tard, la NASA fait appel à Frank pour la réparation d'un satellite russe antédiluvien dont il est désormais le seul à connaître le système de guidage. Frank accepte à la condition d'être envoyé lui-même dans l'espace pour procéder à l'intervention en compagnie de son ancienne équipe. Faute d'alternative, la NASA donne son feu vert. Et voilà nos pilotes presque cacochymes et valétudinaires en route pour réaliser, enfin et contre toute attente, leur rêve de toujours.

 

Notre critique:

On pourrait craindre d’assister à la revanche des papys arthritiques mais plein de l’expérience de la vie contre l’arrogance insolente de la jeunesse; et bien pas du tout. Clint Eastwood n’est pas un donneur de leçon. Il a simplement son histoire à raconter. Celle de 4 garçons qui réalisent leur rêve le plus cher au moment où ils s’y attendent le moins. Eastwood, fort de ses septante ans, nous parle plutôt des rêves qui vivent en nous et que l’on croit parfois éteints; et sur les braises desquels il suffit de souffler un peu pour qu’ils s’enflamment comme au premier jour. Et il ne sacrifie rien à une quelconque nostalgie, si ce n’est celle, légitime, liée aux êtres que l’on a aimés et perdus (quelques superbes scènes avec Tommy Lee Jones).
Plus que jamais la manière d’Eastwood va à contre-courant de tous les produits commercialisés par les studios à grand renfort d’études de marché et de visions tests et mis en scène par des réalisateurs hystériques issus de la pub. Il prend le temps. Tout comme l’avait fait David Lynch dans STRAIGHT STORY. Le temps de laisser les personnages envahir l’espace limité de l’écran et celui, sans frontière, de notre sensibilité, quitte à évacuer un peu rapidement l’un ou l’autre rebondissement prévu par un scénario. L’important se situe de toute façon ailleurs que dans la mécanique des enchaînements factuels. Il est par exemple formidable de constater que pour une fois on n’épilogue pas sur le châtiment des « mauvais » de l’histoire. On ne l’évoque même pas. Car une fois encore l’important n’est pas là. En fait, SPACE COWBOYS est un des rares films dans lequel un réalisateur a un comportement adulte envers ses personnages, et non un comportement puéril (les bons y gagnent et les méchants y meurent, même que c’est bien fait pour eux, na!).
Pourtant, Eastwood n’a rien perdu de sa capacité à (s’)émerveiller et à faire des pieds de nez, qualités liées à l’enfance s’il en est, comme le prouve son final.
SPACE COWBOYS représente une somme dans la carrière et la vie d’Eastwood. Non pas un aboutissement mais un ensemble d’éléments enfin synthétisés qui, et c’est là le bonheur, nous font, nous spectateurs, nous sentir bien.
Si Eastwood a atteint une certaine forme de sérénité, nous ne pouvons que le remercier d’avoir su aussi justement la partager avec nous.