Sokhout

Mohsen Makhmalbaf est un cinéaste iranien assez prolifique. Ses derniers films, SALAAM CINEMA et GABBEH, ont été sélectionnés à Cannes ces dernières années. Après une carrière essentiellement axée sur un cinéma aux résonances politiques, une carrière en forme de bras de fer avec un gouvernement iranien prompt à la censure, Makhmalbaf s’oriente aujourd’hui vers un cinéma libéré et aérien, qui exalte la poésie.

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LE SILENCE puise son inspiration et sa force dans la peinture et dans les rimes persanes. Il prône la jouissance du temps présent, temps éphémère mais essentiel, coincé entre un passé lourd de souvenirs et un futur chargé d’incertitudes. Ainsi donc vit Khorshid, son héros, toujours en quête d’un bonheur simple (le bruit du pain qu’on rompt, les tintements d’une calebasse ou les premières notes de la cinquième symphonie de Beethoven). A travers une avalanche de métaphores admirablement mises en scène, avec la sincérité des acteurs non professionnels qu’il a engagés, le réalisateur iranien nous offre plus d’une heure de magie visuelle et sonore.

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Il ne faut pourtant pas trop s’emballer, car les nombreuses références sur lesquelles Makhmalbaf s’appuie nous sont inconnues. Ainsi, malgré une esthétique indéniable, le spectateur risque, à la longue, d’être submergé par une vague de détails abscons d’autant plus irritants qu’ils cachent ostensiblement un propos minutieusement travaillé.

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