Small Faces

Gillies Mackinnon nos propose une tranche de vie où l’on suit un adolescent sur le chemin caillouteux qui mène à l’âge adulte. Son observation est délicate, un peu rêche et sans complaisance. Rien est enjolivé et pour éviter tout risque de dérive sentimentale, il instaure une distance avec ses personnages qui confère à son film un certain sentiment de froideur. Pour contrebalancer cet aspect rugueux, le réalisateur ouvre une porte vers un monde plus aéré par l’entremise du grand frère McLean étudiant en peinture à l’académie. La réalité d’un monde difficile et les promesses d’un univers artistique capables d’en tempérer la dureté sont les deux pôles entre lesquels Lex aura à évoluer. Dommage qu’il manque à cette histoire un enjeu plus crucial et mieux défini que celui d’échapper à la violence d’une opposition un peu sotte entre deux clans rivaux.

On n’est en définitive pas très loin d’une sorte de réalisme poétique à la Marcel Carné revu et corrigé par le côté social d’un Ken Loach même si la virulence et l’engagement de ce dernier font ici cruellement défaut. Ce n’est, convenons-en, déjà pas si mal.

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