Signs

Signs

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Signes

Equipe:
Durée : 107’
Genre:
Date de sortie: 15/10/2002

Cotation:

4/ 6

Si vous avez manqué le début:

Après la perte de sa femme, Graham Hess a rendu sa charge de pasteur. Tout en s'occupant de sa ferme, il élève ses deux jeunes enfants. Son jeune frère, Merrill, est revenu vivre avec lui pour l'aider. Un matin, dans leur champ, ils découvrent un immense symbole taillé dans la récolte. Supercherie mystique ou signe d'un autre monde, Graham se refuse à toute interprétation. Pourtant, des faits inexplicables de plus en plus nombreux vont l'obliger lui et les siens à envisager l'impossible...

 

Notre critique:

Troisième incartade du réalisateur de THE SIXTH SENSE dans le surnaturel. Après un formidable UNBREAKABLE, M.Night Shyamalan se lance dans le curieux phénomène des dits « crop circles ». Et sa dernière mise en scène est sans conteste la plus faible de sa trilogie fantastique…

Dans les années 70 jusqu’au milieu des années 80, bien avant que le genre ne tombe dans la surenchère et la gaudriole, des cinéastes comme George Romero, John Carpenter, Wes Craven, Joe Dante… ont transcendé le cinéma fantastique en un véhicule socio-politique. Shyamalan, lui, fait du fantastique un moyen de parler de la famille et du regard que portent les enfants sur leur propre structure familiale. Si les deux optiques sont diamétralement opposées, elles n’en sont pas moins intéressantes. Les aventures de Bruce Willis, qu’il soit mort ou super-héros, étaient de retentissants exemples.

Avec SIGNS, Night Shyamalan tente de retisser la même toile en y incluant la crise de foi d’un pasteur ayant perdu sa femme dans de tragiques circonstances. Les événements extraordinaires auxquels vont devoir faire face toute la famille Hass vont, bien entendu, réveiller toutes les petites blessures. A l’Est d’Hollywood rien de nouveau…

Et c’est toujours avec un brio certain que Shyamalan installe son récit, ses ambiances. La première heure de SIGNS, bourrée de suggestions, est formidable. Comme à son habitude, le réalisateur sacralise au mieux ses images, il les rend à la fois belles et didactiques. La progression dramatique monte impeccablement, on se sent frémir… Le placement de caméras à hauteur d’homme (on pourrait même dire à hauteur familiale) facilite énormément l’identification du spectateur. Ça marche… Et vlan, en deux tours de manivelles, il plante allègrement sa dramaturgie. Moins fin, moins écrit, moins tenu, SIGNS se perd très vite, pour finalement se noyer dans un maelstrom marshmallesque de sentimentalisme primaire à 0,25 euro. Toute la force et la suggestion incluses dans sa construction, de même que son étude comportementale de l’être humain face à ce type d’événements implosent. Reste alors que le jeu très convaincant et retenu de Mel Gibson (loin de ses pirouettes arme-fatalesques) de même que ceux de Rory Culin et d’Abigail Breslin pour soulever un véritable intérêt…

On ne pourra qu’être pétri de regrets devant cette absence de rigueur. Connaissant les talents de l’homme, on était en droit d’attendre quelque chose de plus qu’un simple portrait d’une famille provinciale typiquement américaine. Un portrait qui par ailleurs anéantit l’universalité (si chère à son auteur) du propos.