Shame

Shame

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore Steve McQueen (qui n’a bien sûr rien à voir avec l’interprète de BULLIT), on ne peut que leur recommander de se précipiter sur HUNGER, le formidable coup de poing cinématographique de ce réalisateur/scénariste sur la grève de la fin des prisonniers politiques de l’IRA en 81.

Ensuite, il est clair que ces spectateurs-là n’hésiteront pas à se ruer en salle pour voir SHAME, même si le sujet de ce film-ci n’a rien à voir avec le précédent. Deuxième long-métrage de McQueen, SHAME enfonce un peu plus le clou sur les talents indéniables de ce réalisateur, tout en nous embarquant dans un autre monde de l’extrême (après la grève de la faim), celui de l’addiction sexuelle.

Avec une mise en scène qui joue sur l’effacement du quotidien au profit de l’obsession, le film prend son temps pour nous entraîner à la suite de Brandon dont l’engagement sexuel le plus long de sa vie se résume à quatre mois et dont l’arrivée inopinée de sa soeur va jeter la petite vie bien rangée de prédateur sexuel dans un trouble qui tournera au drame.

Si le scénario et la mise en scène sont ciselés -rien que la séquence de début et celle de fin en sont la démonstration, l’interprétation hors pair de l’acteur allemand qui monte, Michael Fassbender (HUNGER, 300, JANE EYRE, A DANGEROUS METHOD), contribue évidemment à la qualité de l’ensemble. Jouant sur le fil, se dévoilant beaucoup (au sens propre comme au figuré), Fassbender réalise là une de ses plus belles prestations merveilleusement secondé par une Carey Mulligan (sa soeur dans le film), fragile à souhait, que l’on a déjà pu admiré dans DRIVE… Un film à voir absolument même si le sujet ne rend pas forcément l’approche du spectateur facile ou ne permet pas la vision de SHAME à n’importe quelle audience.

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