Shaft

Shaft

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 99’
Genre:
Date de sortie: 07/11/2000

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Shaft est flic et est en passe de devenir privé. A la suite d'une agression raciste, Shaft prend en grippe l'instigateur du crime et n'aura cesse de le pourchasser jusqu'à ce qu'il croupisse derrière les barreaux...

 

Notre critique:

Figure de proue de la blaxploitation, John Shaft retrouve le chemin du grand écran, 29 ans après sa naissance. Richard Roundtree, qui même s’il incarne l’oncle John dans ce film, laisse sa place et ses traits se remodeler sous les coutures du visage de Samuel L. Jackson. C’est le réalisateur de BOY’S IN THE HOOD et ROSEWOOD, John Singelton, délaissé par le succès depuis quelques années, qui s’offre le privilège de remettre sur rail le premier héros noir symbolisant à lui seul la Black Pride.

Les cheveux ont été rasés, la barbiche est savamment cisaillée, le look est étudié. Armani est passé par là. Cuir, béret, flingue et lunettes noires sont de mise, le Shaft 2000 est à la mode. Et même si son caractère est toujours aussi trempé, il doit la jouer cool, genre philosophe de trottoir, dégommeur zen tendance justicier.

Le scénario est simpliste, carré, voire inintéressant. La mise en scène est sporadiquement inspirée mais ne respire pas le sens de l’action : Singleton n’est plus le cinéaste engagé de ses débuts. Dans SHAFT, tout repose sur le tempo de la musique et l’attitude du personnage. Les premières notes du thème, remusclées par un David Arnold toujours en phase avec le sujet qu’il traite, donnent le rythme : faussement rapide mais nullement lent. La musique définit la cadence des images et, même si le montage n’est pas fait en musique, le mouvement général colle parfaitement à cette nonchalance propre au morceau de Isaac Hayes.

Reste l’homme, John Shaft, l’acteur, Samuel L.Jackson. L’homme est élégant, viril, courageux, intelligent et a le sang froid. L’acteur l’est tout autant mais il adopte une démarche dansante lui permettant de décoller de la fiction pour n’être que lui-même. Sa gestuelle disco, ses lunettes classes pourraient le faire passer pour un ringard sur le retour. Mais c’est Sam qui porte la veste et sa voix chantante fait des merveilles…

SHAFT est à la fois un divertissement d’une affligeante banalité syndicalement mis en scène et le revival d’un héros emblématique et d’un thème musical qui restera définitivement dans les annales.