Titre français : La voix de Hind Rajab
Equipe: Amer Hlehel, Clara Khoury, Kaouther Ben Hania, Motaz Malhees, Saja Kilani
Durée : 89′
Genre: Drame de guerre
Date de sortie: 19/11/2025
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
29 juin 2024. Dans le centre d’appels du Croissant Rouge en Palestine, Omar prend un appel d’une femme qui l’appelle depuis sa voiture où elle se fait tirer dessus par des soldats.
Notre critique:
Un festival réussi, c’est un Festival qui a au moins un film coup de poing dans sa programmation. On ne sait pas toujours d’où il sort et ce qu’il va être mais il en faut au moins un.
A la Mostra de Venise en 2025, le public et les critiques se sont pris un vrai coup de poing au 7e jour du Festival. Un film refusé à Cannes, LA VOIX DE HIND RAJAB (THE VOICE OF HIND RAJAB) y était présenté en compétition officielle. Kaouther Ben Hania, la réalisatrice tunisienne de 48 ans, s’est fait connaître par des films très engagés comme LES FILLES D’OLFA (prix du Jury au BRIFF en 2023), LE CHALLAT DE TUNIS, LA BELLE ET LA MEUTE ou des films au scénario très original comme son L’HOMME QUI A VENDU SA PEAU.
Bonne metteuse en scène, elle sait aussi très bien raconter une histoire mettant en adéquation le fond et la forme pour composer des oeuvres originales.
Elle revient ici avec LA VOIX DE HIND RAJAB, un film basé sur des événements réels survenus en 2024 dans le nord de Gaza alors occupé par l’armée israélienne: le 29 juin 2024, le centre d’appel du Croissant Rouge palestinien (l’équivalent de la Croix Rouge dans les pays arabes) reçoit un appel urgent d’une femme coincée dans sa voiture avec sa famille, voiture qui vient d’être criblée de balles par les soldats israéliens. La femme est rapidement tuée alors qu’elle est en ligne. C’est ensuite une petite fille de 6 ans, dans la même voiture, qui va entrer en contact avec le centre du Croissant Rouge.
Sur ce fait divers qui avait fait la une d’un certain nombre de médias, Kaouther Ben Hania va composer un film coup de poing mélangeant habilement la fiction et les vrais appels enregistrés lors des contacts entre le Croissant Rouge et la voiture pour nous faire prendre conscience des horreurs de la guerre qui se déroule en ce moment même à Gaza et pour dénoncer le génocide en cours.
Vous l’aurez compris, il est difficile de séparer le message politique du message humanitaire ou de la fiction cinéma. Il est évident que le film prend parti, sur-dramatisant par le biais de la fiction (présente majoritairement en dehors des vrais dialogues enregistrés) les faits horribles en soi qui ont eu lieu.
Les interprètes et le découpage permet de nous faire vivre cet événement de l’intérieur, comme si nous y étions, même si, en tant que spectateur, nous devons rester conscient qu’il s’agit d’un film de fiction avec un point de vue précis et donc un message sous jacent voulu par la réalisatrice. A nous ensuite, de nous faire notre propre avis…
On pourrait discuter sans fin sur tous les stratagèmes de la fiction employés par la réalisatrice, mais il faut reconnaître que ceux-ci servent admirablement son propos pour faire de ce récit un film qui est là pour nous rappeler les horreurs de la guerre quel que soit le pays et les nations qui la font. Car nous le savons, notre mémoire en la matière est très très courte…
