Equipe:
Durée : 91′
Genre:
Date de sortie: 12/02/2002
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
1945. Bientôt, une loi va mettre fin à la belle vie des maisons closes. Bientôt, Marion, une des filles du Palais Oriental, pourra raccrocher ses guêpières. Bientôt, petit Louis, l’homme à tout faire de la maison pourra enfin réaliser tous les rêves d’amour et de Music-Hall de Marion, bientôt…
Notre critique:
Amorcée avec LA FILLE SUR LE PONT, poursuivie avec FELIX ET LOLA, ce que l’on pourrait appeler « la veine conte » de l’oeuvre de Patrice Leconte refait surface ici dans RUE DES PLAISIRS (Il faut noter d’ailleurs que le scénario est signé Serge Frydman comme celui de LA FILLE SUR LE PONT ou des GRANDS DUCS). Tout dans le film rappelle la fable: la forme narrative (3 prostituées se racontent l’histoire de Marion et P’tit Louis), le ton volontairement décalé ou encore le phrasé des dialogues…
Et le problème surgit lorsque l’on se rend compte que non seulement la forme est similaire mais que l’histoire reprend la thématique de la recherche du bonheur et de l’amour impossible développé dans les films précédents. Petit Louis vit son bonheur par procuration, au travers de celui de Marion. Et à vouloir trop faire le bonheur de cette dernière malgré elle, il va en arriver à tuer la source même de ce bonheur. Ce thème récurrent, cette mise en scène similaire nous donnent une fâcheuse impression de redite dans l’oeuvre d’un réalisateur que l’on apprécie pour sa diversité.
Côté distribution, indéniablement, on sent l’hommage au cinéma français des années 50, ce cinéma où les couples magiques enchantaient les écrans noirs et blancs. Vincent Elbaz et Laetitia Casta sont la parfaite représentation d’un tel couple. Elbaz est égal à lui-même tandis que la Casta, amoureusement entourée de la caméra de Lecomte, est toujours dans la lumière. Enfin, Timsit est là où on ne l’attend pas, étonnant, mi-Quasimodo, mi-Cyrano…
En définitive, la lassitude ne vient pas du film lui-même mais plutôt de la redondance thématique de son réalisateur que l’on aimerait voir revenir à l’éclectisme qui l’a fait apprécier du grand public comme de la critique.
