Ripley's Game
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Ripley’s Game

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Ripley's Game

Equipe :
Durée : 110‘
Genre : Film policier
Date de sortie : 06/05/2003

Cotation :

5 of 6 stars

Si vous avez manqué le début:

Tom Ripley, homme raffiné et sans états d'âme, vit d'escroqueries d'oeuvres d'art avec son complice Reeves. Mais Ripley commence à se lasser de son inculte comparse. Après avoir réalisé un dernier gros coup, Tom lâche Reeves et se retire en Italie où il tente de vivre tranquille. Mais son passé le rattrape et les choses tournent mal...

 

Notre critique:

D’entrée de film, le ton est jeté. RIPLEY’S GAME sera un film noir, sans concessions avec une pointe d’humour à l’image de son personnage principal Tom Ripley, magistralement interprété par un John Malkovich au sommet de sa forme. Il est le Ripley parfait, presque dandy, sans états d’âme, cynique et criminel sans en avoir l’air, mal dans sa peau mais sûr de lui et vivant toujours dans une improvisation sur le fil du rasoir qui laisse pas mal de cadavres derrière lui. Décidément Malkovich est un acteur hors norme… Alors quand il rentre dans la peau d’un Ripley, personnage récurrent dans l’oeuvre de Patricia Highsmith et qui a déjà eu les honneurs de l’écran de nombreuses fois (PLEIN SOLEIL, L’AMI AMERICAIN de Wenders, THE TALENTED MR RIPLEY, RIPLEY UNDERGROUND pour bientôt), on peut d’emblée dire que le film sera un plaisir pour le spectateur.

Et rien ne vient gâcher ce plaisir dans un film où la culture de l’imposture est élevée au rang d’art! Avec une musique aux accents hitchcockiens d’Ennio Morricone (sans doute en hommage au maître qui avait adapté à l’écran un des romans de Highsmith, STRANGERS ON A TRAIN), RIPLEY’S GAME est un film d’interprètes et d’histoire avant tout. La trame du récit enserre habilement les personnages tout en conservant une simplicité qui ne nuit en rien au développement de leurs caractères. Les manipulations en tout genre, parfaitement maîtrisées par Ripley, sont aussi bien maîtrisées par la mise en scène sans ronds de jambe de Liliana Cavani. Le mystère est préservé tout au long du récit et c’est avec une savante retenue qu’elle nous emmène sur la vague de l’angoisse croissante tout en maniant humour et dialogues très British au fur et à mesure que la tension grandit.