Requiem

Requiem

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 93’
Genre: Drame
Date de sortie: 12/12/2006

Cotation:

4/ 6

Si vous avez manqué le début:

Un petit coin du Sud de l'Allemagne, dans les années septante. A 21 ans, Michaela a été élevée au sein d'une famille profondément croyante, avec un père affectueux mais faible et une mère froide et distante. En dépit d'un combat de plusieurs années contre l'épilepsie, Michaela aspire à quitter la maison familiale pour aller étudier à l'université. Là, sa première expérience de la liberté, son amour naissant pour Stefan et son amitié avec Hanna contribuent à briser le bouclier que constituent sa foi et sa famille, dans laquelle elle s'est toujours sentie en sécurité et protégée. Il en résulte que Michaela fait une rechute. Toutefois, il ne s'agit pas d’une crise d'épilepsie normale. La crise s'accompagne d'hallucinations lui faisant percevoir des visages déformés et des voix effrayantes. Craignant que ses parents ne la retirent de l'école si la maladie n'est pas sous contrôle, Michaela recherche de l'aide auprès d'un prêtre. Celui-ci la persuade cependant qu'elle est possédée. Bien que Stefan et Hanna lui recommandent vivement de rechercher avant tout une aide psychiatrique, ils ne sont pas en mesure de briser les puissants liens religieux et moraux qui relient Michaela à sa famille et doivent l’abandonner à son sort...

 

Notre critique:

Un peu dans la lignée d'un THE EXORCISM OF EMILY ROSE sorti il y a un peu moins d'un an, REQUIEM aborde le film d'exorcisme au travers du fait divers réel. Mais là où le film américain de Scott Derrickson confrontait église et justice des hommes, celui, allemand, de Hans-Christian Schmid se concentre sur les difficiles rapports des personnages gravitant autour de la jeune Michaela.

REQUIEM avance lentement, filmant à l'économie. Et son réalisateur parvient à ne pas réellement prendre parti pour l'un ou l'autre protagoniste. Il évoque les faits comme dans un documentaire, renforçant le réalisme par petites touches subtiles et par des détails anodins du quotidien.

Par contre, comme dans THE EXORCISM OF EMILY ROSE, le film met en évidence la difficulté, tant pour les religieux que pour les médecins, d'appréhender ce que vit la victime du 'mal-être'. Rejetée par tous, Michaela va se refermer dans sa psychose, arrêter de prendre ses médicaments et s'enfoncer plus avant dans ce qui la possède: que ce soit sa maladie ou le démon.

Plus téléfilm que film toutefois, REQUIEM est cependant intéressant à plus d'un titre car il va plus loin dans ce qui pourrait être l'analyse d'un phénomène qui a eu bien des retentissements dans l'histoire du monde et des religions…