R.M.N.

R.M.N.

Rudi le jeune garçon a perdu la parole suite à ce qu’il a vu dans les bois. Le père, Matthias, un homme frustre qui ne s’entend plus avec sa femme, tente de le rassurer à sa façon.

C’est à partir de ce pitch que le réalisateur roumain Cristian Mungiu, R.M.N., nous brosse le portrait d’une Roumanie entre tradition (les villages, les bals populaires) et modernité (les usines, les hopitaux, etc). Le film aborde au travers de son anti-héros, Matthias, la haine des étrangers, la défiance des roumains face à ce qu’ils considèrent comme une invasion et la difficile intégration à l’Europe qui permet à leur résident de travailler à l’étranger plutôt que chez eux.

R.M.N. parle bien évidemment de la peur de l’autre, de ce racisme ordinaire qui engendre la méfiance et la vengeance. La Roumanie étant à la croisée des chemins, pays des gitans, elle est l’illustration parfaite d’une nation qui a dû subir les différentes invasion. C’est donc une sorte de témoin idéal pour montrer ce que notre monde vit de nos jours.

Et comme toujours chez Mungiu (BACALAUREAT, 4 LUNI, 3 SAPTAMINI SI 2 ZILE), le réalisme côtoie la fable ou le conte et la narration est aussi parfaitement intégrée à une mise en scène qui privilégie l’image plutôt que le dialogue.

Présenté au Festival de Gand, R.M.N. vaut donc le déplacement au cinéma car ce conte réaliste est parfaitement en phase avec notre époque et est une formidable illustration des dérives de notre monde moderne.

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