Quand On Sera Grand
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Quand On Sera Grand

par Jean-Dominique Quinet
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 102′
Genre:
Date de sortie: 04/09/2001

Cotation:

0 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Simon, trente ans, jongle avec la vie et ses problèmes.
rnIl est partagé entre son métier de journaliste à Tabac Magazine, sa copine Christine avec laquelle il tente désespérément d’avoir un enfant, et ses amis Fabrice, Léa et Roché.
rnDu côté de sa famille, juive séfarade, il aurait quelques comptes à régler avec son père psy.

 

Notre critique:

Le premier long métrage de Renaud Cohen est une heureuse surprise cinématographique, un film minutieusement lesté, en équilibre entre la comédie chorale douce amère et la chronique déprimée d’une vie ordinaire.

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Car, à bien y regarder, derrière le parcours jalonné d’embûches de Simon, notre héros, se tapit une existence morne et sans éclat, rongée par les habitudes et les petits tracas, engoncée entre des amis encombrants qui eux aussi, cherchent leurs repères. Simon, en s’ouvrant au monde, entraîne ses proches dans une spirale incontrôlée qui leur ouvre, à tous, les yeux. Et pour certains, la lumière de la vérité est aveuglante et fait mal.

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La réussite de QUAND ON SERA GRAND est double. D’abord, le film fonctionne sur un scénario et des personnages réalistes (pas étonnant, Cohen vient du documentaire). Le ton est souvent brisé. On passe du rire aux drames aussi «simplement» que dans la vie: c’est une des règles d’or de la dramaturgie que Cohen applique ici avec beaucoup de clairvoyance et d’habileté.

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Ensuite, le film s’appuie sur une troupe de comédiens idéale. Mathieu Demy (JEANNE ET LE GARCON FORMIDABLE) joue le chef de file avec brio, s’appropriant littéralement le rôle de Simon. Sérieux dans les situations les plus ridicules, léger dans les scènes dramatiques, Demy signe une prestation impeccable, déjà récompensée une fois au Festival de Paris en 2001. A ses côtés, Amira Casar trouve un rôle bien plus riche que dans LA VERITE SI JE MENS. Il est clair désormais que l’actrice peut briller dans d’autres registres plus exigeants. Les seconds rôles sont tout aussi fouillés, tout aussi réussis, chacun apportant une sensibilité juste et profonde à son personnage.

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QUAND ON SERA GRAND est donc un outsider inattendu et bienvenu dans le paysage cinématographique français actuel. Des cadeaux comme celui-là ne se refusent pas.