Prisoners

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Après son formidable INCENDIES, le québécois Denis Villeneuve nous assène une fois de plus un choc cinématographique basé sur le second script original de Aaron Guzikowski. Sur un fond de kidnapping de deux petites filles, le scénariste tisse une trame solide tandis que Villeneuve nous balade dans un thriller qui, par son côté glauque et réaliste, n’est pas sans rappeler un SEVEN et la patte d’un David Fincher.

Alors que l’auto-justice est une fois de plus mise sur la sellette, PRISONERS va beaucoup plus loin et balaie plusieurs sujets s’attachant du même coup à tous les sens que peut prendre le mot ‘prisonnier’. On peut être prisonnier de soi, prisonnier de ses peurs, prisonnier de quelqu’un ou encore prisonniers des convenances. Et dans ce quartier, dans cet espace réduit, tous les protagonistes souffrent d’une manière ou d’une autre « d’emprisonnement ».

Brassant habilement les différents personnages et caractérisations, PRISONERS est servi par une palette de comédiens aux talents multiples: Hugh Jackman y joue un personnage parfaitement ambiguë bien loin de Wolverine, Jake Gyllenhaal retrouve son personnage d’enquêteur jusqu’au boutiste à la ZODIAC et Paul Dano (FOR ELLEN, LOOPER) est stupéfiant de justesse dans ce rôle de retardé que tout accuse.

Avec son univers très cohérent, son casting sans fautes, PRISONERS est un thriller passionnant, riche et haletant malgré ses plus de deux heures trente et pourrait bien se retrouver dans la course aux Oscar à venir.

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