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Princesses

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 95’
Genre:
Date de sortie: 03/10/2000

Cotation:

1 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Sophie (la toujours craquante Emma De Caunes) n'a pas vu son père depuis dix ans. Elle s'est reconstruit une petite existence sur le côté. Elle vit dans un monde luxueux, ou plutôt dans une prison dorée, à l'abri de son passé. Quand la police débarque chez elle, lui annonçant que son père est recherché pour meurtre, elle apprend de même qu'elle a une demi-soeur: Virginie. Personnification de la haine faite humaine, cet espèce de pitbull enragé ne voue aucun amour à rien ni à personne. Presque malgré elles, elles partent à la recherche de leur père. Entre Paris, Bruxelles et Amsterdam, elles vont le rencontrer, lui et son courseur, un ténébreux bonhomme voulant choper leur géniteur...

 

Notre critique:

Après UN FRÈRE, Sylvie Verheyden retrouve Emma De Caunes et Karole Rocher pour une oeuvre au noir, prétexte à une sorte de parcours initiatique de deux adolescentes à la recherche de leur père, le tout sur fond de violence intérieure.

PRINCESSES est un film opaque. Noir dans son propos, noir dans ses personnages, le scénario de Sylvie Verheyden ne se donne pas, ou ne veut pas se donner. La retenue inhérente à de nébuleux seconds couteaux (le personnage du père et celui du tueur cherchant à le dézinguer), la présentation d’autres rôles peu ou pas crédibles – qu’on ne cherche d’ailleurs pas à approfondir – et la mise en image maniérée regorgeant de gros plans dans sa première partie, ne facilitent en rien l’accès à cette fiction. L’interprétation réellement féminine d’Emma De Caunes ne trouve aucun répondant dans celle, toujours aux limites de l’hystérie, de Karole Rocher. Son jeu crispant, en roue libre, agace profondément. La réalisation trop stylisée rend peu justice à l’intrigue, étouffant même ses personnages. Le décalage supplémentaire apporté par la musique de Philippe Sarde rajoute une louche dans l’hétérogénéité générale. Totalement bancroche dans son ensemble, PRINCESSES manque cruellement d’humanité et d’amour. Les protagonistes ne sont visiblement pas, ou mal, aimés de leur réalisatrice, et ça se sent!