Piao liang ma ma
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Piao liang ma ma

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Plus Fort Que Le Silence

Equipe:
Durée : 90’
Genre:
Date de sortie: 31/07/2001

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Dans la fourmilière géante et grouillante du Péking d’aujourd’hui, Sun Liying tente de sortir la tête de la foule pour respirer un peu. Car comme pour certains les timbres-poste, elle collectionne les ennuis et les difficultés et c’est une chape de plomb d’infortunes qui lui tombe dessus. Sans un sou, obligée de vivre de petits boulots, divorcée, elle se bat et se dévoue corps et âme à son jeune fils de 5 ans. Ce dernier sourd, risque de lui être ôté et placé dans une institution spécialisée mais Sun en bon petit soldat du peuple prêt à tout, décide de tout sacrifier et se battre pour lui payer la prothèse auditive qui lui permettra d’aller à l’école.

 

Notre critique:

« Parce qu’elle le vaut bien », a dû se dire Sun Zhou en rencontrant Gong Li sur le tournage de L’EMPEREUR ET L’ASSASSIN de Chen Kaige où il avait pour cette fois endossé la panoplie d’acteur, car c’est de cette rencontre qu’est né le projet de PLUS FORT QUE LE SILENCE. Inspiré par le minois de la brune icône de la marque que vous savez à moins que ça ne soit l’engagement de l’ « ambassadrice de la paix » nommée par l’UNESCO ou encore la popularité de la députée du Congrès national du peuple de la République populaire de Chine (ben voui tout ça), le jeune acteur/réalisateur a décidé d’écrire ce personnage de « mère courage de la nation » pour miss Li. Même si on est bien loin de l’image glacée de la belle ou de ses sempiternels rôles en costumes, autant dire que le film est du conçu sur mesure et repose avant tout sur son interprétation.

Je ne sais pas vous, mais moi l’idée de la pauvre mère qui porte tous les malheurs de la terre sur ses frêles épaules pour sauver son fils handicapé ça me rappelle quelque chose. Mais il faut bien avouer que l’inventivité et la subtilité danoises ont du mal à s’exporter en Asie et que le résultat sent fort le mélo téléphoné. A grands renforts de musique sirupeuse le panier d’obstacles et de malheurs de la brave héroïne déborde de partout et l’on est pas loin de l’acharnement pour tenter de nous faire souffrir et vibrer avec elle. Car inutile de vous préciser qu’elle tient le coup la petite et traverse toutes les vilaines adversités cousues de fil blanc avec une témérité exemplaire.  » Tenez le coup même si c’est dur  » semble être le message de propagande que la censure chinoise a bien voulu laisser filtrer de cette histoire après l’avoir rabotée comme il se doit. Dommage car malgré quelques scènes poignantes d’apprentissage phonétique entre la mère et son fils, PLUS FORT QUE LE SILENCE tourne vite à l’anecdote qui ne cherche qu’à jouer avec nos glandes, lacrymales pour les plus émotifs, nerveuses pour les autres, politiques pour les derniers.