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Phantoms

par Jean-Dominique Quinet
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 95’
Genre:
Date de sortie: 22/12/1998

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Deux soeurs, Jennifer et Lisa, débarquent à Snowfield, Colorado, histoire de prendre du repos et de faire le point. D'emblée, l'accueil est plutôt froid: la ville est déserte, hormis quelques cadavres étrangement mutilés et trois flics pas tous sains d'esprit. Les cinq survivants se rendent vite compte qu'ils vont servir de chair à pâté à un monstre revenu des profondeurs de la terre. Tout s'accélère lorsque l'armée et un enquêteur d'un journal à sensations (Peter O'Toole) arrivent sur les lieux, avec la ferme intention de renvoyer l'indésirable là d'où il vient...

 

Notre critique:

La production horrifique est le parent pauvre du cinéma fantastique des années 90, et ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de se mettre un film de qualité sous la dent. PHANTOMS est pourtant un de ceux-là. Il reprend avec maestria toutes les ficelles du genre, mais profite d’un scénario au-dessus de la moyenne et d’une mise en scène impeccable. Il plaira sans aucun doute aux amateurs de frayeur sur pellicule.

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L’histoire est adaptée d’une nouvelle de l’écrivain américain Dean Koontz. Il a participé activement à l’écriture du script, ce qui explique probablement sa qualité. L’univers lorgne du côté de Lovecraft. Le scénario est classique. Quelques individus typés sont confrontés à une entité surnaturelle tentaculaire qui ne leur veut pas que du bien. D’un point de vue purement narratif, le scénario reste logique du début à la fin: il met en scène des personnages actifs qui veulent s’en tirer. Les héroïnes féminines ne se limitent pas à des silhouettes bien roulées qui hurlent au moindre chat qui passe et s’enfuient à longueur de film. Elles ne sont pas non plus des Ripley en puissance. Elles sont simplement réalistes. Un mot qu’on n’a pas l’habitude d’employer quand on parle de ce genre de production…
En outre, le roman de Koontz va plus loin et lorgne vers quelques questions métaphysiques non négligeables. Le diable existe-t-il? Nos croyances ne seraient-elles que des images que nous avons créées pour représenter une réalité que nous n’osons pas nous avouer? Et que se passerait-il si les forces occultes se servaient de notre mythologie pour nous asservir? Le film, faute de temps, effleure à peine le sujet. Mais c’est suffisant. Ces interrogations mystiques apportent à PHANTOMS une dimension supplémentaire qui enrichit sa vision.

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Pas question de rigoler, on est là pour flipper et c’est bien ainsi. Joe Chappelle (HALLOWEEN 6, HELLRAISER 4: BLOODLINE) s’y connaît en matière d’effroi. Il est allé revoir ses maîtres. Il distille les apparitions du monstre avec parcimonie, préférant suggérer sa présence par des détails à l’arrière plan ou des gargouillis lointains. Il installe une tension tangible dès les premières minutes du film et joue avec nos nerfs en laissant traîner ça et là sa caméra innocente, en amorçant de faux suspenses, etc. Quand vient la confrontation, il accélère le rythme et nous sert quelques (deux ou trois, pas plus) scènes d’action particulièrement gratinées. Des scènes d’une violence aiguë, qui resteront dans les mémoires. Y a pas à dire, Chapelle sait ce qu’il fait, et le fait intelligemment.

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PHANTOMS navigue plus haut que les récentes tentatives de films à monstres. Oubliez les MIMIC, ANACONDA et autres THE RELIC.
C’est un film qui trouve toute sa force sur un écran de cinéma. Mais il risque fort d’être éclipsé par de grosses productions insipides à l’affiche plus starisée. Bref, soyez vigilant et ne loupez pas le coche…