Ordinary Man
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Ordinary Man

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 95’
Genre: Drame policier
Date de sortie: 29/11/2005

Cotation:

5 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

George Bissot est un bon vendeur de meubles, un bon père de famille, un gentil mari, un ami fidèle, un bon bricoleur. Mais ce soir-là, George fait une bêtise, il craque sur l’autoroute et tue un homme dans un excès de rage. Effrayé par sa propre violence, il se retrouve avec la compagne de l’homme qu’il a tué sur les bras, incapable d’en finir avec elle et dans l’impossibilité de la relâcher. C’est alors qu’il entre dans une nouvelle logique, changeant lentement son quotidien pour cacher la jeune femme. Pourtant, c’est toujours en bon père de famille, en gentil mari, en ami fidèle et surtout en bon bricoleur que George tente de se sortir de cette situation d’où découle une monstrueuse cascade de problèmes.

 

Notre critique:

Comme le titre l’indique, tous les personnages de ORDINARY MAN sont ordinaires… Leurs problèmes, leurs vies, leurs sentiments, tout confine à l’ordinaire le plus pur. Et, à l’instar du COUPERET de Costa Gavras, le film raconte la plongée d’un homme ordinaire dans une aventure extraordinaire.

Jouant sur une horreur très réaliste (l’opération sur les cordes vocales est assez exemplaire!), Vincent Lannoo place son récit dans un univers commun qui lui permet de jouer sur les décalages et de rendre les dérapages plus flagrants. Il parvient ainsi à faire jaillir des pointes d’humour noir souvent savoureuses (le joint du gendarme, la tromperie de la femme, etc.) et à faire réfléchir le spectateur sur des sujets variés qui font notre humanité… Finalement, Georges Bissot, en devenant un homme extra-ordinaire par simple hasard, se révèle à lui-même et finit par se prendre en charge alors qu’il n’en avait jamais été capable. Mais cette conscience de lui provoque aussi la confusion, faisant glisser lentement son esprit dérangé vers les meurtres les plus atroces.

Déjà présent dans le premier film de Vincent Lannoo (STRASS), Carlo Ferrante confirme un talent certain pour interpréter des personnages à la lisière du réel, jouant en permanence sur le fil du rasoir de l’homme ordinaire qui dérape. Le reste de la distribution est à la hauteur: Liberski et Gourmet, entre autres, complètent merveilleusement une galerie de portraits au vitriol.

Avec une conclusion pleinement amorale mais ô combien logique, ORDINARY MAN est un film surprenant qui parvient à nous emmener sur les chemins d’un polar pas comme les autres pour nous faire entrevoir comment le destin peut transformer un homme ordinaire.