Oppenheimer

Oppenheimer

C’était, avec BARBIE, un des films les plus attendus de cet été. OPPENHEIMER, réalisé par l’excellent Christopher Nolan, faisait saliver tant les cinéphiles en général que les amateurs du réalisateur américain. Il faut dire que depuis MEMENTO, une trilogie de Batman, INCEPTION, DUNKIRK et bien d’autres, nous avons droit à un quasi sans faute de sa part.

Et la vision de ce film fleuve de 3h (le plus long des films du réalisateur) retraçant une partie de la vie de Julius Robert Oppenheimer, souvent qualifié de « père de la bombe atomique », ne fait que confirmer le talent de metteur en scène de Nolan.

Film très écrit, très dialogué – il ne faut pas manquer une minute sous peine de louper une phrase capitale, OPPENHEIMER est une très belle réussite à tous les niveaux.

Scénario.
Le film est à la première personne, tout est raconté du point de vue d’Oppenheimer. Ce n’est pas un film sur la bombe atomique, c’est un film sur des hommes qui vont créer l’arme terrestre la plus puissante qui soit et principalement sur celui à la tête de l’équipe de cerveaux qui va réaliser l’impossible pour l’époque et déclencher un des plus grands drames de la guerre 40-45. L’écriture est très soignée et les dialogues sont nombreux mais jamais redondants ou gratuits. Le scénario est à l’image de la mise en scène, fluide, dynamique et sans fioritures inutiles.

Mise en scène.
Nolan sait indubitablement mettre en scène. Il joue ici de cette maestria pour nous faire entrer dans l’esprit d’Oppenheimer. Il met avec succès en images les visions et les pensées du physicien atomiste renforçant ainsi l’empathie du spectateur avec lui. La scène d’interrogation d’Oppenheimer où sa femme est derrière lui et son ex, nue sur ses genoux, le tout dans un mouvement de caméra décoiffant est un bel exemple de ces moments clés magnifiquement mis en scène.
Le mélange noir & blanc/couleur est lui aussi parfaitement maîtrisé mettant en valeur des moments et des époques différentes. Cela maintient une certaine dynamique au travers des différentes époques de la vie d’Oppenheimer.

Direction d’acteurs, interprétation.
Nolan a véritablement une troupe d’interprètes autour de lui, interprètes que l’on retrouve dans ses différents films. Si Michael Caine n’est pas présent (alors qu’il a été présent dans six de ses films), Cillian Murphy obtient, quant à lui, pour sa sixième collaboration, le rôle titre d’OPPENHEIMER. Et sa prestation est de haut niveau. Il est de chaque scène et traduit à la fois les certitudes d’un homme à l’intelligence hors norme et les incertitudes d’un scientifique explorant de nouvelles frontières. Robert Downey Jr (IRON MAN, SHERLOCK HOLMES), méconnaissable, campe un personnage machiavélique, sorte de Salieri du Mozart qu’est Oppenheimer. On mettra une mention spéciale à Florence Pugh dans le rôle du premier amour du savant, bombe atomique dans la vie de ce dernier, qui, même si elle n’a pas un grand rôle démontre encore une fois son éclectisme dans ses choix (LADY MACBETH, MIDSOMMAR, DON’T WORRY DARLING) et sa capacité à prendre des risques avec les réalisateurs qui comptent.

Musique.
C’est la deuxième fois que Nolan fait appel à Ludwig Göransson (après TENET) pour la musique de son film. Le score, proche dans le sonorités de ce que un Hans Zimmer (qui a travaillé sur la plupart des films du réalisateur mais n’était pas disponible au moment du tournage) peut faire, a comme toujours une importance capitale et est omniprésente dans le film.

Au final, avec OPPENHEIMER, Christopher Nolan réalise une nouvelle fois un véritable exploit cinématographique, réussissant à nous faire passer sans sourciller les 3h de film tant chaque composant de son film est formidablement maitrisé et apporte sa pierre à un édifice qui nous démontre sans aucun doute ce qui fait toute la magie du cinéma.

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