Nope

Otis Junior et sa soeur Emerald pleurent leur père, un dresseur de chevaux, qu’ils ont perdu dans des circonstances plutôt étranges: il a été tué par une chute d’objets venus du ciel. C’est ainsi que commence NOPE, un film de SF pas comme les autres.

NOPE, c’est le 3e film de Jordan Peele, réalisateur/acteur afro-américain, défenseur de la communauté afro-américaine aux US, et spécialiste (pour le moment) des films de genre. GET OUT et US étaient en effet deux thrillers horrifiques aux scénarios bien ficelés qui avaient, à raison, marquer les amateurs de cinéma de genre.

Avec NOPE, c’est la science-fiction qu’aborde cette fois-ci Jordan Peele, science-fiction avec des connotations plutôt horrifiques comme il aime en ajouter à ses récits. Pour l’originalité, le spectateur sera servi, le réalisateur américain brouillant les pistes en distillant au fur et à mesure de son récit des éléments qui viennent contribuer à la vision globale de son histoire.

Si les deux autres films de Peele jouaient sur des twists lorgnant sur du M. Night Shyamalan, NOPE sent plus l’hommage à des films de Spielberg (RENCONTRE DU 3E TYPE ou dans une moindre mesure E.T.), peut-être à SIGNS de Shyamalan ou encore au cinéma en général au travers notamment du dressage des animaux. Mais cette volonté de brouiller les pistes ou de rendre hommage a tendance à amener la narration sur des niveaux de lecture qui sont souvent désarçonnants (comme l’histoire du jeune Ricky « Jupe » Park ou l’intervention de Antler Holst) semblant un peu hors de propos.

Le casting des deux personnages principaux colle assez bien à la volonté du réalisateur d’avoir deux types de jeu très opposés. Et que ce soit la chanteuses/actrice Keke Palmer (QUEENS) ou Daniel Kaluuya (déjà dans GET OUT et vu également dans BLACK PANTHER), ils livrent tous les deux une excellente prestation. Côté seconds couteaux, si l’on est convaincu par Steven -Walking Dead- Yeun, on l’est un peu moins par la présence de Michael Wincott, un acteur toujours intéressant, qui semble ici un peu surjouer.

Alors au final, bien sûr, il ya la mise en scène de Jordan Peele qui maitrise parfaitement son placement de caméra, il y a aussi la maîtrise incontestée de son script et son sens du mystère, il y a des effets spéciaux plutôt oniriques et merveilleux, mais il n’en reste pas moins que NOPE, avec sa narration un peu décalée (on pourrait dire décentrée de son sujet), est un film intéressant sans pour autant être le plus convaincant du réalisateur.

Attendons donc le suivant pour se faire une opinion plus définitive sur Jordan Peele et son oeuvre pas comme les autres…

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