Nocturnal Animals

NOCTURNAL ANIMALS démarre très fort en jouant sur un générique plutôt provocateur qui en soi met déjà en question l’art lui-même et la relation des spectateurs mais aussi des protagonistes à l’art. Car NOCTURNAL ANIMALS parle entre autres de notre rapport avec l’art: Susan, le personnage principal, est galeriste, son ex-mari écrit un roman en forme de vengeance et pour finir, le film lui-même joue sur l’esthétique et la forme.

Mais NOCTURNAL ANIMALS ne parle pas seulement de l’art bien sûr, puisqu’en adaptant le roman “Tony and Susan” de Austin Wright, Tom Ford, pour son deuxième film après l’excellent A SINGLE MAN, poursuit aussi son analyse du couple, qu’il soit homosexuel et brisé par un décès, ou hétérosexuel et divorcé, toujours avec la même intelligence et la même maitrise de sa mise en scène.

Côté intelligence, le mélange entre le roman avec le personnage de Tony, les flashbacks de Susan et ceux de Edward dans une construction plutôt complexe fonctionnent parfaitement et confère au film toute sa dimension inquiétante. La mise en scène, quant à elle, par son côté virtuose, fait souvent penser à du Brian De Palma de la grande époque, jouant aussi sur le trompe l’oeil et sur une temporalité floue.

La structure du film permet ainsi au spectateur de s’immerger complètement dans l’histoire et d’en retirer (parfois difficilement hélas) le message simple qui l’habite: la notion de vengeance et d’une forme d’auto-justice qui coûtera cher aux protagonistes.

L’interprétation est largement à la hauteur du film avec une Amy Adams qui enchaîne les rôles différents (ARRIVAL, BIG EYES, BATMAN V SUPERMAN) avec une aisance incroyable tandis que Jake Gyllenhaal compose encore une fois un personnage double (comme dans ENEMY).

Donc même si NOCTURNAL ANIMALS n’est pas parfait, il mérite, vous l’aurez compris, le déplacement…

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