Napoleon

Napoleon

Est-il encore besoin de rappeler que Ridley Scott est le réalisateur d’ALIEN, de BLADE RUNNER ou de GLADIATOR? Mais c’est aussi celui de HOUSE OF GUCCI, de THE MARTIAN et de bien d’autres films mémorables à la fois par leur scénario, mais bien sûr par la mise en scène parfaitement maitrisée d’un créateur d’images et de plans impeccables.

A 86 ans, Ridley Scott continue à produire et réaliser des films (il a 2 longs métrages qui devraient sortir en 2024!), générant toujours, chez le public et chez les critiques, une attente considérable sur chacun de ses films. Son NAPOLEON était donc très attendu!

Dans un film comme celui-là, un drame historique, il y a bien sûr deux côtés qui s’opposent et qui sont souvent difficilement réconciliables: le côté historique et le côté fiction (pour permettre au drame d’exister à l’écran).

Côté historique, si le film suit les grandes dates du règne de Napoléon, de nombreux détails et certaines dates choquent les historiens (voir l’article de la RTBF ici). Mais ce NAPOLEON est-il un film biographique qui a valeur de leçon d’histoire? Il n’a jamais été présenté comme cela, et qui plus est, on sait pertinemment que les américains (en l’occurrence le scénariste David Scarpa) n’ont jamais été les champions de l’histoire de France. De fait, NAPOLEON n’est jamais qu’une liste chronologique des batailles menées, gagnées ou perdues.

Côté fiction, même si Ridley Scott n’est pas le champion des histoires d’amour, il est clair que ce NAPOLEON parle autant de l’histoire d’amour entre Joséphine de Beauharnais et Napoléon Bonaparte que des conquêtes de ce dernier. La réussite du film repose d’ailleurs sur cet équilibre qui lie le destin amoureux de Napoléon à celui de ses victoires. Quand Napoléon conquiert Joséphine, il remporte toutes ses batailles, quand Napoléon perd Joséphine, Napoléon perd les guerres q’il entame.

Joaquin Pheonix (BEAU IS AFRAID, JOKER), quant à lui, essaye de camper un Napoléon brute de pomme, une sorte de guerrier sans humour, brillant stratège, follement amoureux mais sans démonstration, faisant l’amour comme on enfourche un cheval. Face à lui, Vanessa Kirby (qu’on connaît surtout pour sa prestation dans la série The Crown, ou dans son rôle dans le dernier MISSION IMPOSSIBLE) joue la carte de ces charmes et de sa féminité pour interpréter celle qui était une courtisane endossant le costume d’une impératrice et apprenant à apprécier son empereur de mari… A noter la présence de l’acteur français Tahar Rahim dans le rôle de Paul Barras.

Alors, si NAPOLEON n’est clairement pas le grand film de Ridley Scott, il faut reconnaître que son parti pris de fiction est plutôt intéressant, que ce diable de réalisateur est toujours le meilleur dans des scènes de foule et des scènes de combat et qu’il faut bien admettre, une fois pour toutes, que le cinéma peut adapter des faits historiques avec une certaine liberté pour pouvoir avant tout raconter des histoires (sans H).

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