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Nadie Hablara De Nosotras Cuando Hayamos Muerto

par Olivier Loncin
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Personne ne parlera de nous quand nous serons mortes

Equipe:
Durée : 104’
Genre:
Date de sortie:

Cotation:

5 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Fuyant une bande de gangster qui veut l'éliminer parce qu'elle a assisté à une tuerie, Gloria retourne à Madrid pour retrouver sa famille et tenter de trouver un job normal...

 

Notre critique:

Le premier film d’Augustin Diaz Yanes est à l’image de l’Espagne et de ses auberges : on y trouve de tout! Ça commence style polar ‘tarantinnoïde’, avec des truands en train de conclure une transaction pas propre sur elle, pendant qu’une dame (Victoria Abril) fait une gâterie intime à un monsieur. Ça continue style Ken Loach, bien social, avec une nana alcoolo (Victoria Abril), qui essaye tant bien que mal de retrouver sa dignité perdue avec l’aide franche et altière de sa belle-maman (Pilar Bardem, on ne la connaît pas dans nos contrées mais elle est giga c’te femme là!). Ça embraye style Bigas Luna avec un truand (Victoria Abril?- Mééé non, sot!) qui vire mystique. Ça fait un crochet style gore avec une des scènes les plus éprouvantes que l’on ait vues depuis, ouh… au moins ça, à tel point qu’après on a les poils de la nuque qui se dressent rien qu’à déboucher une bouteille de vin! Et ça finit style Augustin Diaz Yanes avec une simplicité qui arrache la larme et fait du bien dans le dedans.

Comme vous pouvez vous en douter, ce film va vous demander des efforts. Il faut suivre. Tout cela n’a rien de linéaire. Mais à l’arrivée, quelle récompense! Un film de genre (polar) qui parle des gens et qui essaie de les sortir du yaourt dans lequel ils s’engluent, cela fait du bien. Surtout qu’à aucun moment cela n’est prétentieux. Tout arrive naturellement. Et ce naturel, en partie issu du scénario, revient pour beaucoup au talent des comédiens et à celui de directeur d’acteur de Yanes. Rarement on aura vu une Victoria Abril, actrice pourtant habituée aux rôles casse-gueule – merci Almodo! – aussi fragile et poignante. Et que dire de l’interprétation de Pilar Bardem, vieille dame fière et humaniste sous un abord revêche et aigre?

On pourra évidemment reprocher à NADIE… les défauts de ses qualités. C’est-à-dire un manque de cohérence qui fait parfois partir le film en de multiples directions et le laisse malaisé à appréhender. C’est pourtant cette diversité des styles appliquée à une modeste histoire de rédemption qui fait tout l’intérêt du film de Yanes, car elle touche à la complexité de ce qui constitue l’environnement de toute personne. Malgré les apparences, on est loin des archétypes, et ça fait du bien.