Mommy

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A 25 ans, Xavier Dolan a déjà tué sa mère dans son premier film et le voici qui glorifie le courage de celle-ci dans son cinquième film, MOMMY. Si on s’en réfère au proverbe “il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis”, Xavier Dolan est un scénariste/acteur/réalisateur très malin…

Et son MOMMY, si besoin était, le prouve sans coup férir, car Xavier Dolan réalise ici son film le plus abouti tant au niveau du fond que de la forme, un film complet dans lequel chaque élément -musique, interprétation, mise en scène, photographie, dialogues, etc- est à sa juste place.

En jouant sur un cadre 1:1 au lieu du traditionnel format cinéma, le réalisateur québécois ne fait pas un simple effet de manche, il enferme ses personnages dans ce cadre serré, s’en sert pour être au plus prêt de ces interprètes et en joue pour symboliser l’enfermement de ses protagonistes dans leurs névroses jusqu’au moment où il le brisera pour laisser la place au bonheur. Sa mise en scène est donc en parfaite complémentarité avec son récit!

Si la mère et son fils sont les acteurs de ce drame, la voisine elle-même souffrant d’une névrose non dévoilée, est la troisième personne de ce trio cassé par la vie et les épreuves, trois êtres qui, en s’épaulant, n’en feront qu’un, complet lui, et surtout, épanoui. Trois personnages et trois interprètes absolument fabuleux que Xavier Dolan a déjà fait tourner par le passé: Anne Dorval et Suzanne Clément étant des habituées de ses films et Antoine-Olivier Pilon ayant fait une brève apparition dans LAURENCE ANYWAYS.

Dialogues crus et réalistes, images souvent chocs, musique très présente et parfaitement en phase avec le récit, tout contribue donc à faire de MOMMY, le film d’un réalisateur, d’un artiste arrivé à maturité à l’âge de 25 ans, le film de l’année en tout cas, même si Cannes est passé à côté en ne lui donnant ‘que’ le prix du jury ex-aequo.

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