Mission: Impossible
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Mission: Impossible

par Olivier Loncin
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Mission Impossible

Equipe:
Durée : 110’
Genre:
Date de sortie: 22/10/1996

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

L'équipe de Jim Phelps se fait décimer lors d'une mission et Phelps est considéré comme mort. Apparamment seul survivant du massacre, Ethan Hunt est accusé par sa propre agence de traîtrise et doit parcourir le monde pour démasquer le véritable coupable.

 

Notre critique:

Ce n’est pas la première fois qu’Hollywood décide de porter une série télévisée à succès au grand écran. STAR TREK en fut un bel exemple, de même que THE FUGITIVE plus récemment.

Aujourd’hui, cette mode semble toutefois se développer dans des proportions nouvelles. FLIPPER vient de bondir hors du passé, LE SAINT et LA CROISIERE S’AMUSE sont en cours de tournage tandis que CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR, ZORRO, THE X-FILES, LE PRISONNIER, MA SORCIERE BIEN AIMEE et DES AGENTS TRES SPECIAUX sont en cours de développement.

Quel est l’intérêt de ces adaptations? Bah, pour les producteurs, il est avant tout financier. Une version cinoche d’un feuilleton qui a plu est l’assurance de se remplir les fouilles de quelques millions de dollars, surtout si on prend soin d’intégrer au générique quelques stars. Pour le spectateur, c’est théoriquement l’assurance de retrouver un univers connu, source d’un plaisir nostalgique.

MISSION IMPOSSIBLE ne fait pas exception à ces règles. Les amateurs de la série retrouveront dans le film de De Palma tout ce qui en faisait le charme. Gadgets, déguisements, intrigue à tiroirs aussi épaisse que Kate Moss et, bien sûr, la musique de Lalo Schiffrin. Le problème, c’est qu’au-delà de cela, il ne reste pas grand chose. Le plaisir ressenti devant un épisode de 50 minutes mollement assoupi devant la téloche dans un canapé et la main perdue dans un paquet de chips au sel reste sensiblement comparable si l’on se trouve répandu au fond d’un siège moelleux d’une salle de plus de 500 places avec son digital surround dégoulinant de partout, et même si l’épisode fait 110 minutes.

MISSION IMPOSSIBLE est un spectacle distrayant mais absolument sans enjeu. Le fait qu’il soit réalisé par De Palma n’est qu’un argument de marketing, tant l’empreinte du maître est discrète. De même, les présences au générique de Tom Cruche (assez convaincant, le bougre – allez s’il quitte l’église de scientologie, je commencerai à l’aimer), Jean Reno (ah ça, en voilà une vraie gueule de cinéma, il ne lui manque plus que de trouver le réalisateur capable de mettre réellement son charisme en valeur) et Emmanuelle Béart (pas forcément la meilleure idée de casting, mais bon…), pour amusantes qu’elles soient, ne parviennent pas à dissimuler qu’ils interprètent des personnages sans relief. Les personnages de séries sont rarement dotés d’une dimension psychologique transcendante et le passage au grand écran n’y change rien.

MISSION IMPOSSIBLE reproduit donc exactement le plaisir de la série, quelques cascades spectaculaires en prime (on est au cinéma tout de même), rien de moins mais hélas rien de plus.