Equipe: Bong Joon-Ho, Cameron Britton, Mark Ruffalo, Michael Monroe, Patsy Ferran, Robert Pattinson, Steven Yeun, Toni Collette
Durée : 137′
Genre: Film de science-fiction
Date de sortie: 05/03/2025
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
2054. Planète Niflheim. Mickey se réveille au fond d’une crevasse glacée dans laquelle il est tombée. Heureusement Timo, son collègue, vient le chercher…
Notre critique:
Une des affiches françaises de MICKEY 17 titre: « Après PARASITE, la nouvelle pépite de Bong Joon-Ho« . Les spectateurs qui ont aimé PARASITE, et qui connaissent mal Bong Joon-Ho, risquent d’être surpris par ce nouveau film du réalisateur coréen.
Se rapprochant beaucoup plus de OKJA ou de THE HOST du même réalisateur, MICKEY 17 est dans sa forme une pure comédie de SF. Dans son fond, c’est une critique de notre monde de technologies dans lequel l’humain n’a plus réellement sa place. Devenu, en 2057, une composante « dispensable », l’être humain est remplaçable, comprenez « ré-imprimable » à volonté donc sacrifiable pour le bien de tous et pour des expérimentations toutes plus loufoques les unes que les autres.
Si on rentre dans le vif du sujet dès le départ du film avec la version 17 de Mickey (le nombre signifie qu’il a été ré-imprimé 17 fois), ce n’est qu’au bout d’une trentaine de minutes que le récit rétro-pédale vers le pourquoi et le comment de cet univers qui fait fi de la vie humaine, et nous explique le parcours de Mickey dans cet univers totalitaire.
Sur fond de manipulations politiques, le film de Bong Joon-Ho va donc plus loin que la simple SF. A l’instar d’un STARSHIP TROOPERS, MICKEY 17 est une fable SF politique et surtout une critique directe de notre société technologique.
Plein d’humour décalé voire absurde comme aime en utiliser Bong Joon-Ho, MICKEY 17 bénéficie de l’interprétation assez jouissive de Robert Pattinson (THE BATMAN, TENET) qui se met dans la peau des différents Mickey avec beaucoup de bonheur et un talent certain pour faire le type qui a pris l’habitude de mourir et de renaître. Le même Mickey qui a horreur qu’on lui pose sans arrêt la question: « Que ressent-on quand on meurt? ». A ses côtés, on retrouve avec plaisir Mark Ruffalo (POOR THINGS) dans un rôle de politicien qui n’est pas sans rappeler certaines figures du nouveau pouvoir US, un Mark Ruffalo qui visiblement s’est donné à fond dans cette satire! Enfin, Toni Collette (HEREDITARY), en première dame du nouveau monde, n’est pas en reste, criante de vérité dans un rôle tout en duplicité.
A noter également une étrange ressemblance entre le look de Mickey 17 et celui de l’exterminateur 17 de Enki Bilal, c’est à se demander si Bong Joon-Ho a lu ou non la BD de Bilal.
Tout cela ne fait pas de MICKEY 17, le meilleur film du réalisateur sud-coréen, mais propose malgré tout un éclairage intéressant, satirique et très noir sur notre société technologique de consommation ou finalement l’individu ne serait plus qu’une marchandise, un outil comme les autres. Effrayant et drôle à la fois! A voir…
