Memoria Del Saqueo
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Memoria Del Saqueo

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Mémoire d'un Saccage

Equipe:
Durée : 118’
Genre:
Date de sortie: 19/07/2005

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

"A ceux qui résistèrent durant toutes ces années"... C'est ainsi que démarre le documentaire de Fernando Solanas qui s'attache à expliquer comment l'Argentine en est arrivé à décréter le 19 décembre 2001, l'Etat de Siège. Systématiquement, il va démonter les causes d'un mécanisme qui paraît inéluctable.

 

Notre critique:

12 décembre 2001. L’état de siège est décrété par le président Argentin et l’insurrection éclate. Les rues s’enflamment… Le 20 décembre, la répression est forte mais le peuple ne faiblit pas et Fernando Solanas non plus… Les images de son documentaire sont choisies, jamais édulcorées, elles frappent le spectateur comme un coup de poing et ne laissent pas la place au doute et au camp choisi par Solanas…

En dix points, Fernando Solanas va égrener tout ce qui a réduit son pays, la riche Argentine d’autrefois, à un pays au bord de la guerre civile, dépouillé par le reste du monde:

Point 1. La dette extérieure depuis 200 ans a profité aux financiers argentins mais jamais au peuple. Et la dette contemporaine est née de la dictature militaire.
Point 2. Chronique de la trahison. Depuis 1983 et le double discours d’Alfonsin, et ensuite avec un Carlos Menem qui en arrivant au pouvoir retourne complètement sa veste en se vendant au FMI et aux banque mondiales, l’Argentine a été trahie constamment.
Point 3. La dégradation républicaine est due au modèle néo-libéral de Menem.
Point 4. Le modèle économique: 1 peso = 1 dollar a réduit complètement la compétition du commerce extérieure préparant la livraison du pays aux grandes multinationales.
Point 5. Les privatisations. Elles ont été, selon Solanas, la ruine de son pays…
Point 6. La liquidation du pétrole. Le pétrole a été, via des privatisations sauvages, bradé à des compagnies étrangères, privant ainsi l’Argentine de sa plus grande richesse.
Point 7. Corporatisme et mafiocratie. En faisant voter plus de 300 décrets pour légitimer sa position, Menem a réussi au moins à battre un record: il a fait passer sous son règne 10 x plus de décrets que pendant toute l’histoire de l’Argentine.
Point 8. La mafiocratie. Les politiques, les syndicats, etc, tous les niveaux dirigeants de la société argentine vont se retrouver impliqués dans des fournitures d’armes, dans des constructions aux travaux surévalués, dans un profit immédiat dont seront exclus tout le reste de la population.
Point 9. Le génocide social. Les enfants vivent dans les décharges et souffrent de dénutrition: le comble pour un pays qui peut nourrir sans problèmes sa population!
Point 10. Le début de la fin. Ou, peut-être, la note d’espoir puisque le peuple se bat toujours…

Impliqué de bout en bout dans le processus politique de son pays, Solanas étale tout au long de son documentaire les richesses des grands d’Argentine pour mieux asséner en final la pauvreté immense et la rébellion d’un peuple délaissé mais vivant et combatif. Il livre ainsi un documentaire sans appel, véritable pamphlet à voir certainement…