Matilda

Matilda

par Christophe Bruynix
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 93′
Genre:
Date de sortie: 17/12/1996

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Matilda n’a que six ans et déjà elle lit Moby Dick avec facilité. Mais ses parents, escrocs parvenus, s’en moquent, trop occupés qu’ils sont à se faire fondre les neurones devant les jeux télévisés débiles: son intelligence fait tache dans l’ambiance générale de bêtise satisfaite. Aussi ils décident de la mater en l’inscrivant dans la pire école du monde, tenue par Mme Trunchbull. Ancienne championne olympique, elle punit les enfants en les jetant par la fenêtre comme des poids d’athlétisme. Dans cet enfer scolaire, Matilda et son institutrice timide s’unissent pour chasser la monstrueuse directrice.

 

Notre critique:

Malgré l’échec de HOFFA, Danny DeVito reste un réalisateur original et ambitieux, qui n’est jamais aussi bon que lorsqu’il traite un sujet prétendument léger. MATILDA est de ceux là et rejoint en qualités ses précédentes réussites THROW MOMA FROM THE TRAIN et THE WAR OF THE ROSES.

Sa caméra ludique virevolte sans arrêt. La focale courte déforme à l’envi personnages et décors. Le roman de Roald Dahl (on ne le dira jamais assez, lisez et relisez Roald Dahl) prend vie dans tout son imaginaire, son humour et son irrévérence. Car si on baigne dans une ambiance de conte, on n’est pas chez Disney: on ne pleurniche jamais, on ne se laisse jamais aller à la béatitude idiote. Au contraire, il souffle dans MATILDA un vent de révolte jouissive qui pousse les enfants vers l’indépendance totale. Un sentiment que les studios Disney n’ont jamais osé rendre pleinement, préférant faire discrètement rentrer les chérubins dans le rang avec un sourire gêné: on se souvient comment ils avaient adouci le remuant JAMES AND THE GIANT PEACH.

Danny DeVito, lui, attaque de front. Car son propos est malgré tout sérieux. Avec fougue et sans concession, il critique violemment la disparition de la culture et de l’émotion au profit de la discipline inhumaine, de l’esprit mercantile et de la crétinisation des masses par la télévision. Un véritable électrochoc, égal à THE NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS, dans le gnangnan uniformisé du film pour enfants.

Aux États-Unis, le film a été marqué par un PG (parental guidance), pour avertir les parents que les enfants pourraient être choqués par l’énormité des situations, la cruauté et un langage pas toujours très fleuri. Ou était-ce par crainte de voir ces mêmes enfants se mettre à réfléchir?