Martyrs

Martyrs

Presque d’entrée de jeu, le réalisateur-scénariste Pascal Laugier (dont le premier long métrage, SAINT ANGE, était plus ennuyeux que réussi) nous renvoie au film de Michael Haneke, FUNNY GAMES: deux filles (au lieu de deux garçons) dans une maison font un carnage de la famille pour une sombre histoire de revanche de l’une d’entre elles…

Mais là où Haneke proposait la distanciation pour alimenter la réflexion sur la gratuité des actes montrés à l’écran, Pascal Laugier s’enfonce plus loin dans le réalisme et dans la complaisance à montrer la torture sous toutes ses formes.. Se dégageant complètement de FUNNY GAMES, il part sur de l’image choc et provocante mâtinant son propos d’une tentative de connotation pseudo-religieuse qui, loin de faire mouche, donne l’impression d’une justification à posteriori d’images plus transgressives les unes que les autres.

Sa secte de vieillards qui recherchent des martyrs pour mieux appréhender la mort enfonce le propos du film dans un voyage où le choc des images fait écho à la vacuité du fond et pousse le spectateur, même si il est un fan du genre, jusqu’au dégoût final, mélangeant humiliation, religiosité et fanatisme dans un maelström écoeurant!

Et si Laugier se bat pour que son film ne subisse pas les foudres de la censure, il est cependant fortement à déconseiller à toute personne dont l’expérience de ce genre (épouvante et tortures gratuites) n’est pas à toute épreuve… Touchant à des instincts et des peurs primitifs sans parvenir à les justifier, MARTYRS pourrait vous marquer bien plus que vous ne le pensez. Vous voici prévenus!

Articles associés

Une affaire de principe

Drive-Away Dolls

Dune: Part Two