Marie-Antoinette
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Marie-Antoinette

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 123’
Genre: Drame biographique
Date de sortie: 23/05/2006

Cotation:

5 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

L'amitié entre l'Autriche et la France doit être scellée par un mariage. Marie-Antoinette , princesse d'Autriche, part donc de la cour de Vienne pour devenir reine de France. Mais avant de rentrer dans le beau royaume de France, elle doit quitter tout ce qu'elle a d'Autrichien pour devenir la Dauphine...

 

Notre critique:

Outre le fait d’être la fille d’un réalisateur cultissime, Sofia Coppola est surtout la réalisatrice de trois films dont deux ont obtenu un succès tant public que critique (THE VIRGIN SUICIDES, LOST IN TRANSLATION). Avec MARIE-ANTOINETTE, elle affiche un éclectisme rare dans le monde du cinéma de nos jours et fait preuve d’un talent que peuvent lui envier bon nombres de metteurs en scènes!

A partir d’un sujet on ne peut plus historique (adapté d’une biographie historique de l’anglaise Antonia Fraser), Sofia Coppola nous développe surtout l’histoire d’une jeune fille qui se retrouve projetée dans un monde pour lequel elle n’était nullement préparée… Elle découpe véritablement son film en trois époques: l’arrivée de Marie-Antoinette à Versailles, ses efforts pour avoir son premier enfant, le temps des malheurs (mort d’un de ses enfants, la perte de confiance du peuple). Démarrant sur un petit parfum d’éther et de légèreté comme sait en glisser Sofia Coppola dans tous ses films (c’était flagrant dans VIRGIN SUICIDES) en mettant la musique du clavecin très en avant, le film se modernise peu à peu, délicatement, musicalement, au fil de l’évolution d’une Marie-Antoinette qui se laisse aller et qui gagne en courage et en certitudes. Et ce jusqu’à l’effondrement final qu’elle partagera avec ce mari imposé et qui, comme elle, n’était pas préparé à la gouvernance.

Marie-Antoinette représente une sorte de bouffée d’air frais et de spontanéité dans une court où la rigidité du protocole le dispute au jeu politique de tous bords. Et qui mieux qu’une Kirsten Dunst (VIRGIN SUICIDES, SPIDER-MAN) pouvait passer d’une poupée blonde autrichienne à une mère-courage défendant son mari et son royaume…

Voilà donc un film qui fleure bon l’ironie et qui, tout en remettant les pendules historiques à l’heure (on a souvent critiqué Marie-Antoinette après la révolution), propose un portrait de femme qui n’est pas sans reflet dans notre réalité actuelle…