Maria

Maria

par Eric Van Cutsem

Cotation:

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Sur un tournage, Maria Schneider observe son père Daniel Gélin en train de jouer la comédie.

 

Notre critique:

Rendue célèbre grâce au (ou à cause du) DERNIER TANGO A PARIS (1972) de Bernardo Bertolucci avec Marlon Brando, Maria Schneider a vu sa vie bouleversée du jour au lendemain par une seule scène et ne s’est jamais vraiment relevée de cette célébrité maudite.

Adapté du roman de Vanessa Schneider (cousine de Maria Schneider), « Tu t’appelais Maria Schneider », MARIA se centre bien entendu sur le film de Bertolucci, démarrant avec le moment où Maria renoue avec son père Daniel Gélin et où elle se fait virer de chez sa mère (elle a alors 16 ans) par cette dernière.

On apprend ainsi le côté improvisé au dernier moment de la scène du beurre, la façon dont Brando a « forcé » la scène avec l’assentiment de Bertolucci, sans le consentement de l’actrice, et comment la presse s’est emparée du côté sulfureux du film faisant peser sur Maria un poids énorme qui l’a poursuivi toute sa vie. Elle mettra bien sûr les choses au point dans des interviews, grillant sa carrière par la même occasion et plongeant dans l’enfer de la drogue.

Outre l’intérêt de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de la vie de Maria Schneider, le film bénéficie aussi d’un beau casting plutôt éclectique. Marie Gillain (LE PETIT BLOND DE LA CASBAH), Yvan Attal (FRERES, MON CHIEN STUPIDE) côtoient Matt Dillon (THE HOUSE THAT JACK BUILT) interprétant un Brando plus vrai que nature ou une Anamaria Vartolomei (L’EVENEMENT) complètement dans son rôle de victime d’un cinéma où le patriarcat régnait en maître.

MARIA est non seulement un éclairage sur le destin d’une jeune actrice dans le cinéma des années 70, mais aussi un témoignage sur une époque et sur les débordements post 68 qui l’ont façonnée.

 

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