Titre français : Les Looney Tunes Passent à l'Action
Equipe:
Durée : 90′
Genre:
Date de sortie: 09/12/2003
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Bugs Bunny, Daffy Duck et les célèbres personnages des Looney Tunes sont de retour, nos amis les toons parcourent la monde à la recherche du père de D.J. Drake et du mythique diamant, le Blue Monkey…
Notre critique:
Joe Dante, c’est un peu le Godzilla de l’industrie hollywoodienne! C’est la menace ultime, le mec qui crache dans sa soupe et rote lors d’un conseil d’executives près du plateau 14 à Burbank, c’est aussi celui qui a foutu son doigt dans le nez de Spielberg pour en extraire ses déjections nasales et les taper sur une toile; le résultat: les GREMLINS!
Mauvaise conscience de tous les cinéastes bien rangés dans un système qui broie toute forme de subversion, Joe s’est toujours offert de nouvelles babioles, pour mieux les casser! Tout ce que l’Amérique lui a donné, il l’a piétiné gaillardement, l’a passé au presse-purée et l’étale sur les grands écrans, laissant la population ricaine, peu adepte des miroirs déformants, sur le carreau. Nous, on l’aime! Il a secoué nos enfances et adolescences, nous a poussé à farfouiller dans le monde de la série B pour en ressortir grandis.
Et voilà qu’aujourd’hui, Joe reçoit un jouet flambant neuf! Un film de commande mêlant animation et live action! Si ce n’était que cela, on ne se ferait pas de soucis, c’est pas la première fois que le cinéaste met face à face acteurs et autres partenaires virtuels qu’ils soient en papier mâché ou en latex et détourne les ordres! Mais par dessus cette contrainte technique, on lui rajoute le monde des Looney Tunes. Univers juteux en franchises diverses, garant de rentrée régulière pour les frères Bros! Là, on commence à se poser des questions! Ça sent le cadeau empoissonné! Avec un terrain (miné) de jeu aussi restreint qu’allait-il donc nous faire, du ROGER RABBIT ou du SPACE JAM?
Et bien, il reste égal à lui-même tout en répondant aux attentes de ses employeurs! C’est aussi simple que cela. Soit une fiction rythmée comme un Chuck Jones mais qui a le cul entre deux chaises. LOONEY TUNES: BACK IN ACTION déroule un scénario prétexte qui nous ballade aux quatre coins de la planète (Paris, Las Vegas, Los Angeles, une jungle africaine…) et qui visite bon nombres de genres (comédie, sciencefictionnerie, jamesbonderie, indianajoneserie…). Bref un joyeux bordel, qui tire dans tous les coins et se paie la gueule des big studios (WB en premier), du product-placement, du statut de star, du consumérisme… tout en préservant un humour bon enfant pour les plus petits. Les hauts comme trois pommes s’amuseront un brin et les adultes décoderont les milliers de clins d’oeil qui pullulent tout au long du film. Que ce soient les apparitions de tous ceux qui ont participé de près ou de loin au façonnement de l’univers du cinéaste (tous ses acteurs fétiches sont présents) à Robbie le robot et toutes les autres créatures issus de LA QUATRIEME DIMENSION FROM OUTER SPACE en passant par son phantasme (?) Roger Corman en train de réaliser le prochain BATMAN ou l’hilarante visite de Bugs et Daffy dans les toiles des grands maîtres du musée du Louvre, Big Joe dynamite un produit lisse et en fait un terrain vallonné gavés de boulettes de poil à gratter. A nous de les trouver…
En ce qui concerne l’interprétation, fort de son expérience chez Henry Selick (MONKEYBONE), Brendan Fraser s’avère très à l’aise avec ses partenaires animés. Jenna Elfman, quand à elle, a beaucoup de mal à se dérider et à trouver le t(h)on! Reste que la palme va, de manière collégiale, à Will Le Coyote, Bip-Bip, Sam, Taz… sans oublier Daffy et Bugs qui n’ont cesse de nous rappeler que nous resterons très longtemps de grands enfants !
Or donc, les aficionados du cinéaste et les encyclopédies cinématographiques vivantes en auront pour leur argent, les autres ont intérêt à ne pas dépasser – dans leur tête – l’âge limite…
