Equipe:
Durée : 137′
Genre:
Date de sortie: 13/01/1998
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta: le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, congner contre les dents. Lo-li-ta. Lolita, un petit bout de femme d’un mètre quarante-huit avec une chaussette. Lolita, un visage d’ange agrémenté de tâches de rousseur. Lolita, ses deux couettes auburn et ses joues saillantes. Lolita, mon amour…
Cette confession en forme de déclaration d’amour est celle de Monsieur Humbert Humbert, un homme d’une cinquantaine d’années. Sa Lolita n’est autre que Dolores Haze, une adolescente de douze ans. Entre amour et déraison, ils vivront le temps d’un instant une trop parfaite histoire.
Notre critique:
Après Kubrick, c’est au tour d’Adrian Lyne d’entrer dans le monde de LOLITA, de Vladimir Nabokov. Nous n’entrerons pas dans une ridicule polémique autour du film en reserrant notre attention sur le couple d’acteurs mis en valeur par une histoire superbe.
La très célèbre Lolita est interprétée avec charme et conviction par la nouvelle venue Dominique Swain (vue dans FACE/OFF) – entre charmeuse et manipulatrice, elle tient la dragée haute à un Jeremy Irons (monsieur Humbert) toujours parfait mais qui a l’art de se cantonner dans des rôles de personnages torturés. Le couple fonctionne à merveille: Irons, affaibli par son aveuglement, traîne une culpabité entremêlée de passion pour une adolescente qui joue avec lui et, surtout, avec ses désirs.
On ne peut pas en dire autant de la mise en image d’Adrian Lyne. Ce réalisateur esthétisant (FATAL ATTRACTION) ne fait jamais dans la dentelle. Ne pouvant se satisfaire de son histoire, il étouffe par un appui sonore et visuel inutile les trop rares moments de grâce que peuvent atteindre ses personnages. Ignorant le cynisme original de Humbert, notre attirance initiale envers ce personnage n’est plus. Néanmoins, Lyne reste plus proche et fidèle au roman que ne le fut le réalisateur de FULL METAL JACKET. Par exemple, le personnage de Quilty (Frank Langella) retrouve ses proportions initiales et le rôle de ‘déclic’qu’il aura pour Lolita.
L’adaptation parfaite n’existe pas, mais en combinant les deux adaptations du livre (62 et 97), on arriverait à une oeuvre très proche du texte originel.