L’île rouge

L'île rouge

Madagascar et la France ont signé les accords d’indépendance en 1960. Et depuis s’entendent plutôt bien. Et la base militaire représente le microcosme français dans cette île, microcosme où le jeune Thomas grandit en compagnie de Suzanne.

C’est plus de 6 ans après 120 BATTEMENTS PAR MINUTE que Robin Campillo, scénariste et réalisateur, nous entraine dans L’ILE ROUGE sur cette base militaire, reliquat d’une époque coloniale révolue. Amours, jalousie, haine, tout est vu par le prisme des yeux d’une jeune garçon qui est fan de fantômette et qui aime observer en cachette le monde des adultes.

Très sensuel, très fin d’une ère de prospérité et de bonheur (les français sont lentement poussés dehors par les malgaches), L’ILE ROUGE observe cette fin de monde mais aussi la fin d’un couple, celui de Robert et de Colette.

En soi, le film de Campillo et sa façon d’aborder le problème de la colonisation est plutôt original. Et l’on aurait voulu une conclusion vraiment orientée sur le personnage principal du petit Thomas. En lieu et place, le récit s’inscrit à la fin dans une vision de la révolution en marche et des revendications justifiées d’un peuple qui s’est senti opprimé par le colonisateur malgré la reconnaissance de son indépendance. Ses deux points de vue celui du garçon et celui des malgaches n’arrivent pas vraiment à s’interpénétrer. Ils s’entrechoquent et le final du film donne l’impression d’un tel changement de point de vue que l’ensemble y perd un peu en force.

Côté interprétation, le jeune Charlie Vauselle a juste ce qu’il faut d’introversion pour donner corps à son personnage, tandis que Nadia Tereszkiewicz (vue dans la série Dix pour Cent et récemment dans MON CRIME d’Ozon) apporte toute la sensualité au personnage de Colette, la mère de Thomas.

Au final, L’ILE ROUGE mérite d’être vu même si on aurait beaucoup aimé voir plus développer l’histoire de Thomas tout en laissant en toile de fond la révolte paysanne de Madgascar qui reste largement méconnue chez nous.

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