Letters from Iwo Jima
Accueil Critiques Letters from Iwo Jima

Letters from Iwo Jima

par Eric Van Cutsem
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 140’
Genre: Drame de guerre
Date de sortie: 20/02/2007

Cotation:

5 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

1944. Les soldats japonais basés sur l'île d'Iwo Jima se préparent à défendre ce bout de terre contre l'envahisseur américain comme si il s'agissait de leur patrie. C'est à ce moment que le général Tadamichi Kuribayashi prend également son poste pour préparer l'île et les hommes au combat. Il entend défendre cette position jusqu'au bout...

 

Notre critique:

Voici moins de six mois sortait FLAG OF OUR FATHERS, le volet américain de ce doublé cinématographique de Clint Eastwood sur les combats sanglants menés pendant la deuxième guerre mondiale sur l'île (le rocher devrait-on dire) d'Iwo Jima, dans le Pacifique.

Après s'être attaqué à la fausse gloire américaine, Clint Eastwood passe donc en revue, avec LETTERS FROM IWO JIMA, le code d'honneur japonais en démontrant les qualités et les limites les plus flagrantes.

Comme pour le premier volet, les couleurs sont passées, souvent sépias, l'ensemble de l'image étant presque écrasé par la lumière. Cela confère au film ce parfum d'authenticité que cherche Eastwood dans son récit, Cette fois par contre, le point de vue est complètement japonais (il y a très peu d'interactions avec les américains) et situé uniquement sur l'île. Avant l'arrivée du nouveau général, on y sent l'incurie régnante, le manque de volonté suite à l'effort de guerre qui a déjà été, par le passé, considérable. On sent aussi la présence d'un sens de l'honneur sans fondement, sans réflexion. Dès que celui-ci apparaît, la stratégie change. Ce général ayant fait ses études aux Etats-Unis connaît l'ennemi, ses faiblesse et ses forces. Pour lui, l'honneur repose sur la perspective de mener le combat jusqu'au bout, dans un suicide calculé pour sa patrie, une mort honorable mais pas stupide.

Plus intimiste que le précédent film (mais tout aussi sanglant dans certaines scènes de suicide notamment), LETTERS FROM IWO JIMA se centre donc cette fois sur l'affrontement intérieur des japonais entre honneur et combat. L'honneur confine à la bêtise lorsqu'il est aveugle et ne sert pas la guerre ni la patrie. Eastwood condamne moins ici la guerre que le comportement qu'elle entraîne…