Les Sentiments

Les Sentiments

Avec cette comédie dramatique, Noémie Lvovsky et la scénariste Florence Seyvos abordent d’une manière différente l’adultère. Loin des poncifs relayés bien souvent dans les films de tous genres, elles parviennent à montrer l’adultère tel qu’il est le plus ordinairement: une rencontre naturelle entre deux êtres qui ne l’attendaient pas forcément. Edith est naïve, ingénue et libre. Elle s’abandonne à ses pulsions. Jacques est flatté d’être, à son âge, l’objet d’une certaine admiration d’Edith. De leur rencontre va naître un certain bonheur qui hélas ne durera qu’un temps… Et ce qui était le paradis à deux deviendra vite l’enfer à quatre!

Si humour et gags visuels ou sonores (l’ancre sur le visage, le ronflement, …) contribuent à l’ambiance des trois quarts du film, le mélange de sorte d’intertitres chantés, des situations parfois à l’orée du surréalisme donnent un ton tout à fait étrange au film. Et lorsqu’au bout d’une heure et quart, alors qu’est révélé l’adultère, LES SENTIMENTS bascule dans le drame, c’est alors une douche froide encore plus forte qui éclabousse les protagonistes face à l’insouciance du début.

Avec ses personnages très typés, très à côté de leurs pompes aussi, LES SENTIMENTS est un film malgré tout très réaliste, servi avec beaucoup de talent par un quatuor de choc, Nathalie Baye en tête avec un rôle de femme qui n’a jamais vraiment mûri et Jean-Pierre Bacri en bougon flatté et amoureux… Tout cela fait de ce film un beau morceau de cinéma français, ficelé remarquablement et suffisamment original pour satisfaire un public exigeant.

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