Les Rivières Pourpres 2 : Les Anges de l'Apocalypse
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Les Rivières Pourpres 2 : Les Anges de l’Apocalypse

par Olivier Guéret
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Les Rivières Pourpres 2 : Les Anges de l'Apocalypse

Equipe:
Durée : 100’
Genre:
Date de sortie: 17/02/2004

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Pour Niemans, l'homme retrouvé emmuré dans un monastère de Lorraine n'est pas une victime comme les autres. Les signes ésotériques gravés autour de lui et l'étrange rituel de son sacrifice annoncent bien autre chose...Lorsque Reda, jeune capitaine de police, découvre l'exact sosie du Christ à demi mort au pied d'une église, il croit d'abord avoir sauvé un illuminé. Mais rapidement, il va s'apercevoir que cette affaire est liée à celle de Niemans, dont il fut l'élève à l'école de police...

 

Notre critique:

Y a des jours où devant une caisse de cinéma, on se sent comme devant une caisse d’un MacQuick ! On étudie le menu, on se tâte… puis on plonge tête baissée vers le truc le plus répugnant, le plus primaire afin de satisfaire notre besoin de junk-food ou junk-film. Et hop, on prend une place pour RPS 2 (à lire phonétiquement, c’est rigolo!)… Au programme Reno devant la caméra, Besson à l’écriture et Dahan aux images, c’est dire si le truc va être beau comme un hamburger sur les photos publicitaires, bas de plafond comme peut l’être un bon Besson quand il signe un scénario et basique comme peut l’être une interprétation de Jean quand il fait son minimum syndical.

Eh ben, c’est pas pour dire, mais la sensation qu’on a au sortir de la projection est similaire à celle au sortir de notre restorapide préféré. C’est un peu lourd, on pourrait même dire gras, pas très digeste ni raffiné, mais bien emballé. Voilà, RPS 2 est donc à l’art cinématographique, ce qu’un hamburger est à l’art culinaire, un machin trop vite consommé qui vous laisse le ventre ballonné sans couper totalement votre faim!

Or donc, LES RIVIERES POURPRES sont dorénav(r)ant une franchise, à l’initiative de Ilan Goldman. Sur les bases du bouquin de Grangé, on tisse et retisse des histoires semblant biscornues qui sont confondantes de simplicité. C’est donc Besson qui s’est affranchi le premier en proposant un script simpliste reprenant le cahier des charges à la lettre. Couple de flics, deux histoires en une, pas de parcours psychologique, des méchants pas gentils mais vachement graphiques (les moines), et des meurtres rituels pour épaissir la fine trame. Bon, ben, c’est très bien tout ça, mais c’est aussi très… allez on se lâche… euh… con!

D’accord, on peut aller au cinéma pour se vider la tête mais pas pour avaler n’importe quoi! Les deux premières séquences sont les exemples retentissant de la connerie ambiante régnant sur le projet. Toute personne un temps soit peu réfléchie aura décortiqué la non probabilité des faits qui se déroulent sous nos yeux. Comment des moines faisant partie d’un complot maléfique peuvent-ils inviter la police dans ses appartements pour étudier le cas d’un emmuré alors qu’ils préparent la venue d’un de leur gros ponte. Et ceci ne résume que les cinq premières minutes du film, après on a droit au flash magique et révélateur pour Reno, aux dialogues crétins pour le toujours charismatique Benoît Magimel mais surtout à la non-présence de Camille Natta, absolument catastrophique de n’importe quoi… D’accord la direction d’acteurs, ce n’est pas le fort de Dahan et à sa décharge, il n’a pas grand-chose pour accrocher ses personnages à une quelconque vérité. Dès lors, notre bonhomme se rattrape sur l’ambiance et la photo (de son complice Alex Lamarque) plutôt bien foutues. Mais tout cela ne nous donne pas un film…

Alors Bessonade ou Bessonnerie à vous de voir! Mais il est clair que l’art et la manière du nabab français transpire par les trous scénaristiques, et le pauvre Dahan, lui, ne peut se contenter que de cimenter les ruines d’un concept dont Grangé était le père. Y’en a qui doivent se mordre les doigts de n’avoir pu résister aux sirènes hexagonales…

Ben oui, RPS 2 n’a pas grand-chose du film mais beaucoup plus du téléfilm et gageons que hormis les quelques séquences d’action qui plombent (dans le bon sens du terme) cette fiction et le casting chic et cher, on se serait vite trouvé dans la case horaire de TF1 le jeudi soir. Y a plus qu’à attendre la version de Florent Emilio Siri soit RPS 3 : LES ARMES DE L’OMBRE. On en frémit déjà de bonheur…