Equipe: André Marcon, August Diehl, Jacques Fieschi, Jean Dujardin, Nastya Golubeva Carax, Vincent Colombe, Xavier Giannoli, Yves Stavrides
Durée : 195′
Genre: Drame historique
Date de sortie: 01/04/2026
Cotation:
Si vous avez manqué le début:
Mars 1948. Corinne Luchaire quitte son appartement avec sa petite fille. Elle croise sa voisine, une jeune chilienne immigrée l’an dernier et se rend dans le parc. Soudain des hommes arrivent et la battent…
Notre critique:
Constitué d’une série de flashbacks, LES RAYONS ET LES OMBRES se raconte au travers de Corinne Luchaire, une actrice en devenir, fille de Jean Luchaire, un journaliste impliquée dans l’entente franco-allemande avant la guerre aux côté de Otto Abetz.
Le film, basé sur les mémoires de Corinne et sur une histoire vraie, prend le parti de tenter d’expliquer une certaine forme de collaboration. Comment les circonstances peuvent amener à pactiser avec l’ennemi, à croire en des possibilités qui n’en sont pas. Si Corinne était juste une jeune fille de 20 ans qui voulait dévorer la vie à pleine dents, Jean, son père, était plus conscient de ce qui se tramait mais qui, comme Otto, tentait de limiter la casse. Mais peu à peu Corinne analysera et comprendra ce qui se passe…
Ces « collaborateurs » qui profitaient d’une vie privilégiée étaient multiples: ceux qui y croyaient, les profiteurs, le voyous et les milliers d’autres. Ce que LES RAYONS ET LES OMBRES montre aussi, c’est que les croyants collaborateurs peuvent devenir un jour des profiteurs qui oublient d’où ils viennent. Et finalement ne sont-ils pas les plus terribles, ceux-là mêmes qui avaient des principes et qui s’essuient ensuite les pieds sur ceux-ci? Ceux qui retournent leur veste en disant qu’ils veulent une collaboration intelligente.
Ce rôle délicat de Jean Luchaire pour Jean Dujardin qui a bien réfléchi avant de signer pour le film de Xavier Giannoli (ILLUSIONS PERDUES, MARGUERITE) est un rôle sans conteste important, dramatique, très loin des héros qu’il a souvent l’habitude de jouer. Quant à la jeune Nastya Golubeva (fille de Leos Carax), ce film lui donne l’occasion d’être en tête d’affiche et de montrer un talent certain dans une composition qui met en abime le métier d’actrice. August Diehl (INGLORIOUS BASTERDS, LE JEUNE KARL MARX) campe un Otto Abetz convaincant, plus vrai que nature qui, de partisan de la ligue contre l’anti-sémitisme avant la guerre, deviendra un fervent défenseur de l’anti-sémitisme.
LES RAYONS ET LES OMBRES n’est pas un film facile, déjà rien que par sa longueur (plus de 3h15), mais aussi de par son sujet traité entre la glorification d’une amitié sur le long terme et d’une collaboration malsaine avec l’ennemi et d’un amour père-fille auto-destructeur.
