Les cinq diables

Les cinq diables

Présenté en avant-première lors du Brussels International Fantasy Film Festival (le BIFFF, quoi!), LES CINQ DIABLES est un film qui répond parfaitement à la définition du fantastique: une transgression du réel qui se réfère au rêve, à la magie ou au surnaturel.

Car LES CINQ DIABLES est complètement immergé dans la réalité comme l’est d’ailleurs Joanne, la principale protagoniste du film, prise entre sa fille Vicky, son père et son marie. Tout en étant entourée, elle est en fait profondément seule et le retour dans sa vie de la soeur de son mari, Julia, va être le déclencheur d’un passé plutôt ravageur.

Tout l’intérêt du film repose sur un traitement et une narration qui privilégie le non-dit et l’absence d’explication rationnelle à ce qui se passe, ce qui rend l’intrusion du surnaturel dans le quotidien encore plus fort. La mise en scène de Léa Mysius (on lui doit AVA, un film qui déjà parlait des rapports enfants-parents) est parfaitement en phase avec les choix scénaristiques et nous amène avec une lenteur assumée vers le dérapage qui fait basculer le spectateur dans un univers aux contours moins bien déterminés.

Côté casting, il est plutôt réjouissant de voir Adèle Exarchopoulos dans un rôle différent et de constater qu’elle fait oublier de plus en plus son rapport très sexuel à la caméra depuis quelques rôles (MANDIBULES, BAC NORD, REVENIR) et propose des facettes plus fines de son talent d’actrice. Le reste du casting, bien que débutant dans le cinéma, est également à remarquer: que ce soit la petite Sally Dramé (Vicky à l’écran) ou bien Swala Emati (dont c’est le premier long métrage), elle dégage une aura mystérieuse qui fonctionne parfaitement dans le film.

On pourrait sans doute qualifier LES CINQ DIABLES de film de sorcières, mais ce serait sans doute réduire trop ce film fantastique qui sait aussi toucher le spectateur en faisant passer un message bien plus réaliste sur la notion de rapports familiaux.

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