Le Cœur Des Hommes
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Le Cœur Des Hommes

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe :
Durée : 107’
Genre :
Date de sortie : 29/04/2003

Cotation :

4 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

Alex, Antoine, Jeff et Manu ont tous la cinquantaine qui approche ou qui a déjà sonné et quelques années d'amitié derrière eux. Depuis leur folle jeunesse où ils jouaient dans la même équipe de foot, ils aiment se voir régulièrement pour tchatcher, s'engueuler, rire ensemble et parler des femmes autour d'une anisette et d'un Loto sportif. Professionnellement, ils ont tous atteint leurs objectifs: Alex et Jeff ont créé un petit groupe de presse sportive qui marche bien, Antoine est prof de gym dans un lycée parisien et Manu a une boutique de charcutier traiteur qui ne désemplit pas. Mais ce printemps-là une série d'événements: la mort d'un père, l'infidélité d'une femme, le mariage d'une fille, va les toucher et les rapprocher davantage. Confrontés à des situations qu'ils ne maîtrisent pas, ils vont découvrir que le sentiment amoureux est indispensable à l'accomplissement de leur vie d'homme.

 

Notre critique:

Après un premier roman et aussi un documentaire sur Patrick Dewaere, le grand jour est enfin arrivé pour l’ancien rédacteur en chef du magazine Première et fondateur de Studio, Marc Esposito, puisqu’il signe ici son premier long métrage. Amoureux du cinéma populaire de années 70 façon comédie de mœurs, c’est plein d’entrain et de bonne volonté qu’il a choisit de faire revivre ce genre désormais devenu désuet. S’inscrivant dans la lignée des film de « bande » à la manière d’UN ELEPHANT CA TROMPE ENORMENT d’Yves Robert ou encore de VINCENT, FRANCOIS, PAUL ET LES AUTRES de Claude Sautet, LE CŒUR DES HOMMES nous propose une petite intrusion dans les tranches de vie de quatre quadras moyens (le brave type émotif, le beau salaud, le beauf marié et le vieux séducteur au cœur tendre) qui ont oublié de grandir mais pas de philosopher sur les bonnes femmes ni de déblatérer des blagues de cul autour d’un apéro.

Malgré ses efforts et la sincérité de son réalisateur, il faut bien avouer que cette chronique masculine ne parvient pas à nous faire oublier ses maladresses et sa vision quelque peu réductrice et caricaturale. Pas franchement nuancé dans ses portraits, et utilisant le comique franchouillard en guise d’excuse, Esposito n’échappe pas aux clichés du genre, enchaînant les saynètes dans une mise en scène assez banale, agrémentée d’une photo plutôt laide et d’une musique de mauvais goût limite envahissante. Si le cheminement narratif et les enjeux artistiques ne sont pas au rendez-vous, pourquoi donc cette comédie superficielle parfois à la limite du ridicule, reste malgré tout attachante et sympathique et éveille une certaine indulgence?

Probablement grâce à la complicité du quatuor qui la compose. Bon, chacun des acteurs se prête au jeu sans trop se poser de question: Darmon fait du Darmon à la tonne et Darroussin itou. Et si Bernard Campan semble être le seul à avoir du mal à faire quelque chose, en revanche Marc Lavoine, en ordure qui ne peut pas s’empêcher de sauter sur tout ce qui bouge, est plutôt convaincant pour une première sur le grand écran. Côté rôles féminins, on utilisera le terme « accessoires » tant la prestation de leurs dames frôle l’anecdotique machiste mais le tout n’est pas fatiguant et à la portée de monsieur tout le monde à moins que les règles du Loto sportif et de la pétanque vous échappent.

Pour sa première expérience cinématographique, le moins que l’on puisse dire c’est que Marc Esposito ne fait pas dans le prétentieux ni dans le révolutionnaire. LE CŒUR DES HOMMES se regarde aussi vite qu’il s’oublie mais après tout c’était peut-être l’unique but de ce petit hommage au cinéma de papa qui n’a plus vraiment cours.