Le bleu du caftan

le bleu du caftan

Deuxième long métrage de Maryam Touzani, LE BLEU DU CAFTAN se passe au Maroc et dans un commerce artisanal comme c’était déjà le cas dans ADAM. Mais ici la toile de fond n’est plus le commerce du pain mais le commerce du tissu. Et ce ne sont pas les seuls points communs des deux films de la réalisatrice puisque dans les deux cas, elle aborde des thématiques qui posent encore problème au Maroc de nos jours: une femme sans homme dans ADAM et une relation homosexuelle dans LE BLEU DU CAFTAN.

L’existence du couple Halim-Mina est menacé de l’intérieur puisque Mina souffre d’une maladie qui l’affaiblit et que son mari, Halim, a un penchant plutôt marqué pour les hommes. Leur relation est faite principalement de non-dits, de regards et de tensions réprimées.

Maryam Touzani compose un huis-clos (la médina, la boutique, la maison sont autant d’endroits clos) dans lequel elle développe un récit nuancé qui met en scène des protagonistes aux relations complexes. Elle suggère plus qu’elle ne montre pour créer une atmosphère sensuelle et ambiguë.

Comme dans ADAM, on retrouve l’excellente Lubna Azabal (INCENDIES, GOODBYE MOROCCO) dans un rôle tout en douceur et plein de subtilité, de sensualité aussi. Saleh Bakri (qui était un des membres du jury au dernier festival de Venise), quant à lui, interprète avec un talent remarquable, Halim, personnage complexe, profondément amoureux de sa femme mais attiré par les hommes.

LE BLEU DU CAFTAN est un film empreint de douceur -à l’image des dialogues qui sont presque murmurés- et d’où pourtant la force et la violence des sentiments et des émotions sourdent tout au long du film. C’est aussi et avant tout une ode à l’amour quel qu’il soit! A voir absolument!

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