La Seconda Volta
Accueil Critiques La Seconda Volta

La Seconda Volta

par Christophe Bruynix
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : La Seconde Fois

Equipe:
Durée : 80’
Genre:
Date de sortie: 28/05/1996

Cotation:

3 sur 6 étoiles

Si vous avez manqué le début:

La première fois qu'ils s'étaient rencontrés, elle était terroriste d'extrême-gauche et il était sa victime. La seconde fois qu'ils se sont rencontrés, c'était par hasard, dix ans après, dans le même bus. Il a survécu malgré une balle toujours fichée dans la tête. Elle purge une peine de trente ans mais bénéficie d'une liberté surveillée. Avec difficultés, ils se parlent: elle ne peut renier son engagement de jeunesse, il ne peut pas lui pardonner son geste. Ils se séparent sans avoir pu se rapprocher.

 

Notre critique:

LA SECONDA VOLTA est un constat très amer de l’état de l’engagement politique et social en Italie. Le réalisateur Mimmo Calopresti s’interroge sur la justesse des combats passés d’extrême-gauche et sur l’économie actuelle. Fallait-il, pour parvenir à un idéal (?) d’égalité sociale, se comporter comme des assassins aveugles? Fallait-il « en tuer un pour en éduquer cent », comme le répète avec colère Nanni Moretti? Faut-il aujourd’hui se satisfaire de progrès économiques réalisés sur le dos de dizaine de milliers de travailleurs licenciés sans possibilité de reclassement? Mimmo Calopresti répond à toutes ces questions par la négative.

Avec son récit sec, sa mise en scène austère et son jeu intériorisé, LA SECONDA VOLTA laisse une grande impression de gâchis. Tant d’espoirs perdus! Tant de vies brisées par des idéaux inhumains! Pour son premier film, Mimmo Calopresti s’interdit toute vision positive. Peut-être est-ce justifié dans le cas des personnages qu’il nous présente. Mais s’il entend généraliser son propos, on peut ne pas accepter sa prise de position négative et sans concession. Son pessimisme est aussi catégorique et vain que pourrait l’être un improbable happy ending. C’est dommage. Son film est grave, intéressant, interpelant. Mais sans chaleur humaine, sans foi en l’homme, il lui manque ce petit quelque chose qui le rendrait vraiment attachant.