La Faute A Voltaire

Premier film pétri de bonne volonté mais aussi de maladresse, LA FAUTE A VOLTAIRE est une oeuvre qui agace tout autant qu’elle séduit. Effectivement, c’est derechef un film sur les SDF, et effectivement c’est pas rigolo, rigolo. Néanmoins Sami Bouajila, Bruno Lochet et Aure Atika irradient les forces et faiblesses de leurs personnages. Quand à Elodie Bouchez, comme à son habitude, elle tire la couverture vers elle. Aussi hystérique qu’imbuvable nymphomane lâchée dans un monde où les sentiments deviennent dangereux, la Louise de Siegfried se lance dans une composition tout aussi déglinguée que vampirique. Sa prestation déforce ainsi un ensemble cohérent et touchant. Car, on ne pourra que soulever la candeur mise par le réalisateur (ex-acteur) dans son premier bébé.

S’attachant à souligner avec réalisme le quotidien, digne, d’une poignée de gens, Abdellatif Kechiche en oublie qu’il fait du cinéma et laisse tourner sa caméra longtemps, très longtemps… Ainsi les scènes n’en finissent pas de finir et d’autres prennent le temps nécessaire pour démarrer. Il en résulte quarante-cinq minutes par forcément utiles à l’histoire et encore moins à l’attention de spectateur. Mais, malgré toutes les remarques, on sent une envie de cinéma latente qui, même si elle est au service d’une histoire un peu rebattue, qui, même si elle n’est pas avare en gaucheries diverses, donne une peu de peps à l’ouvrage, à l’image de la très belle scène de manche dans la rame de métro.

Articles associés

Love Lies Bleeding

Une affaire de principe

Drive-Away Dolls