La Confiance Règne
Accueil Critiques La Confiance Règne

La Confiance Règne

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 98’
Genre:
Date de sortie: 09/11/2004

Cotation:

4/ 6

Si vous avez manqué le début:

Avec son allure empotée et son air un peu nigaud, on aurait presque tendance à lui donner le bon dieu sans confession à l'ami Christophe. Seulement voilà, les apparences sont trompeuses et si il est clair que cet homme à tout faire n'a pas vraiment inventé l'eau chaude, par contre le système D et les petites arnaques pour se débrouiller, ça le connaît. Le cheveu gras et le verbe gouailleur, fagotée au "décrochez-moi ça", Chystèle, elle aussi employée de maison, n'est pas non plus des plus fute-fute. Insouciante et joyeuse, son absence totale de morale fait merveille quand il s'agit de vider les poches et les tiroirs de ses patrons, chez qui, "feu au fesses" et manque de fiabilité obligent, elle ne fait que passer. Probablement faits pour se rencontrer, lorsque ces deux énergumènes se télescopent sur le quai d'une gare, ils ne réfléchissent pas bien longtemps pour décider de faire équipe et associer leurs talents de domestiques afin de s'adonner à leur sport préféré: faire le ménage dans les grandes maisons où ils se font embaucher. Avec un couple pareil, forcément la confiance règne…

 

Notre critique:

« Miam le dernier Chatiliez« , serait-on tenté de dire! Car si on ne sait toujours pas comment se prononce le nom de cet ancien fils de pub (Chati-yé, Chati-yèzeuhhh, Chati-llllié??), en revanche nous sommes tous fichus de citer au moins un des quatre films du bonhomme et l’on se lèche toujours autant les babines à chaque redif télévisuelle de ces purs moments de jubilation. Galeries de personnages hauts en couleurs, répliques qui font mouche (et pour certaines devenues cultes), humour acide, féroce et insolent, son style estampillé est dès le générique immédiatement reconnaissable. Aux antipodes de la bonne morale, le papa de TATIE DANIELLE et de TANGUY sait si bien nous détendre les zygomatiques à chacun de ses nouveaux rendez-vous que l’on en viendrait presque à pousser les yeux fermés, la porte du premier cinoche venu en lui faisant une totale confiance. Bref prêt à s’en payer une bonne tranche, une fois de plus…

Conscient de ce capital sympathie qui ne cesse de grimper de film en film, sans trop se remettre en question, Etienne Chatiliez sort cette fois naturellement la carte de la facilité en utilisant les bonnes vieilles ficelles qui ont fait son succès et sa marque de fabrique. Friand des thèmes qui jouent sur les antagonismes (riches-pauvres, jeunes-vieux…), abonné à ses marottes préférées (la bourgeoisie, la famille, l’éducation des enfants…), il nous livre ici une sorte de compilation foutraque où en guise de fil rouge on suit les aventures rocambolesques d’un neuneu et d’une bêtasse, descendants directs de la famille Groseille prêts à dévaliser des clones des Le Quesnoy.

Si le tout démarre sur les chapeaux de roues, une fois passée la petite surprise de voir un Vincent Lindon atypique en Bidochon benêt et une surprenante et bluffante Cécile de France en cousine des Deschiens, LA CONFIANCE REGNE dégringole rapidement dans la caricature limite grossière. A trop vouloir forcer le trait et tailler ses personnages à la serpe, Chatiliez ôte toute tendresse et humanité à son histoire, rendant le tout juste gratuit dans la noirceur et la moquerie. Flirtant à plusieurs reprises avec le mauvais goût et la trivialité, jouant sur l’exagération et usant du comique de répétition, ce 5ème opus déçoit tant par sa lourdeur que son absence de point de vue et d’engagement. Dis Etienne, tout ça ne s’appelerait pas de l’abus de confiance?