La Cloche a Sonné
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La Cloche a Sonné

par Sylvie Jacquy
Publié: Dernière mise à jour le

Equipe:
Durée : 95’
Genre:
Date de sortie: 30/08/2005

Cotation:

2/ 6

Si vous avez manqué le début:

Simon Arcos ex-médecin généraliste reconverti dans la thérapie d'inspiration zen et du bien-être bio organise des stages de remise en forme au milieu des prés pour bobos déprimés. Cette semaine ils sont justement six à s'être inscrits à la session du "voyage vers soi" afin de trouver une solution à leurs problèmes de stress ou de manque d'oméga 3, leurs difficultés relationnelles ou sexuelles, leur besoin de faire un break et même leurs troubles de transit intestinal. Pour Jean, Léa, Nathalie, Yolaine, Antoine et Hervé, "la méthode du maître" débute par une journée de silence...

 

Notre critique:

Il y a de cela quelques années, un sujet dans l’air du temps ratissant bien large, un Fabrice Luchini cabot à mort et dopé au rôle écrit sur-mesure et un casting de luxe pour lui donner la réplique et jouer les seconds rôles, suffisait à attirer le chaland dans les salles obscures quel que soit le temps qu’il fasse dehors. Seulement voilà, tout fout le camp, y’a plus de saison, la planète se réchauffe et Luchini a quelques années de plus au compteur et une poignée de pubs supplémentaires pour arrondir ses fins de mois me direz-vous… Bref il y donc peu de chances que ce petit film de commande provoque des files d’attentes interminables et des ruades devant les ouvreuses. D’autant plus, inutile d’entretenir le suspens plus longtemps, qu’il faut bien admettre que la chose est particulièrement ratée.

Bruno Herbulot, illustre réalisateur inconnu au bataillon spécialisé dans les fictions du petit écran destinées à séduire la fameuse « ménagère de moins de 50 ans », avait pourtant l’embarras du choix pour ironiser sur les rapports gogos-gourous et les stages psys en tous genres: la satire méchante et grinçante, la chronique sociale et joviale, voire même la caricature beauf et gauche (car après tout il y a des adeptes) et bien d’autres options encore. Pourtant même en retournant le film dans tous les sens, rien de tout ça! Ou plutôt si, un peu de tout et surtout beaucoup de n’importe quoi. Car en matière de « ratage intégral » sans l’ombre d’un bout de quoi que ce soit à sauver, LA CLOCHE A SONNE fait très fort et atteint en effet des sommets.

Si les mots fantaisie, rythme et énergie sont aux abonnés absents et semblent avoir été remplacés dans le cahier des charges par banalité et fadeur, la mise en scène elle, est aussi relevée et consistante qu’un plat de carottes bouillies. Quant aux personnages taillés à la serpe avec des moufles, ils n’offrent pas d’autre alternative aux acteurs plus qu’en roue libre et livrés à eux-mêmes que de foncer droit dans le mur. Tout ce gentil monde au service d’un scénario sans la trace d’une péripétie ou d’un semblant d’intrigue à bien du mal à combler les grands moments de vide et encore plus de provoquer le rire. Mais au fait j’y pense d’un seul coup, les gogos de cette histoire qui cloche de partout, ça ne serait pas finalement un peu nous?