Killers of the Flower Moon

Killers of the Flower Moon

De grandes quantité de pétrole sont trouvées fin du 19e siècle dans la réserve de la nation Osage, une tribu amérindienne basée en Oklahoma. Comme cette tribu est une des seules à avoir racheté ses terres, elle possède aussi les ressources minières qui s’y trouve. Ce qui fait des Osage à cette époque les personnes les plus riches du monde par habitant!

C’est sur ce point de départ historique surprenant que Martin Scorsese avec KILLERS OF THE FLOWER MOON brosse une fois de plus le portrait d’une certaine Amérique. Depuis MEAN STREETS, en passant par TAXI DRIVER, RAGING BULL, GANGS OF NEW YORK ou encore THE WOLF OF WALL STREET, le réalisateur américain ne cesse de décrire les rouages d’une Amérique aux origines multiples (irlandaise, italienne ou autre). Cette foi-ci, il s’attaque à l’Amérique qui a non seulement spoilé les amérindiens de leurs droits mais qui en plus leur a dérobé les richesses qu’ils avaient.

Fresque de 3h26 minutes complètement inspirée de faits réels, KILLERS OF THE FLOWER MOON est un portrait cinglant de l’Amérique blanche, celle qui a toujours dépouillé les plus faibles au cours des siècles, et qui a bâti un empire sur les cendres de ceux qu’ils ont spolié.

Pour l’occasion Scorsese retrouve pour la 11e fois son acteur fétiche, Robert De Niro, à qui il confie un des rôles clés du film, celui de William Hale, l’organisateur de la récupération des biens des Osage, via des manipulations et des meurtres abominables. De Niro est remarquable de duplicité, de propos mielleux et de méchanceté implacable. Quant à Leonardo Di Caprio, il joue pour la 7e fois pour Scorsese et campe à merveille le faible et manipulé Ernest Burkhart. Et c’est clairement l’amérindienne Lily Galdstone (FIRST COW), pour son rôle de Mollie, qui marque de son talent ce KILLERS OF THE FLOWER MOON. Elle a à la fois cette intensité dans le regard, cette noblesse de port et cette douceur face à Di Caprio qui transcende le film dans son ensemble!

Enfin, la mise en scène de Martin Scorsese est à la hauteur du sujet du film. Elle prend son temps, jouant sur un rythme plus apaisé qui suit parfaitement le côté plus calme et plus réfléchi de ses indiens qui, si ils se font manipuler, ne sont jamais dupes. Les cadrages et les plans sont soignés à l’instar de la photographie.

Bref, KILLERS OF THE FLOWER MOON est un film à ne pas manquer que ce soit sur grand écran au cinéma ou plus tard sur le petit écran (qui rendra certainement moins hommage à la mise en scène) sur Apple TV+.

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