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Kauas pilvet karkaavat

par Jean-Dominique Quinet
Publié: Dernière mise à jour le

Titre français : Au Loin S'En Vont Les Nuages

Equipe:
Durée : 96’
Genre:
Date de sortie: 22/10/1996

Cotation:

4/ 6

Si vous avez manqué le début:

Ilona est maître d'hôtel au Dubrovnik (!) et est mariée à Lauri, conducteur de tram. Celui-ci perd son emploi, suivi peu après par Ilona. Commence alors une errance dans une société qui ne pardonne pas aux gens d'avoir plus de trente ans et d'être au chômage. Une errance et surtout une lutte, contre tout et contre rien, pour tenir bon et ne pas sombrer dans le désespoir.

 

Notre critique:

Kaurismäki est le maître du cinéma d’auteur minimaliste. Son style épuré et ses personnages décalés, son ironie légère et sa sensibilité exacerbée constituent un style personnel. Ses histoires, ancrées dans un quotidien parallèle (le monde du finlandais n’est certes pas le notre) sont émouvantes et nous atteignent en plein coeur. rn

Le sujet de DRIFTING CLOUDS est d’actualité. Extrêmement réaliste, le scénario suit, l’air de rien, l’évolution psychologique d’un couple écrasé par le sort. « A 35 ans, vous pouvez mourir d’un jour à l’autre », dit un employeur à Ilona. Peu de réalisateurs abordent aussi crûment les rouages du monde du travail. Crûment? Pourtant, le film de Kaurismäki est empreint d’une poésie et d’une finesse chaleureuses. Que ce soit au niveau des images, teintées de superbes couleurs, qu’au niveau des acteurs, dont les silences sont parfois plus émouvants que les mots, le finlandais brosse un portrait minutieux de la société finlandaise, et, par-delà, de notre société occidentale. Le ton du film est juste et jamais agressif. Résolument optimiste d’ailleurs, il se termine sur une happy-end tranquilisante. rn

Les acteurs, ou les personnages, on ne sait plus vraiment, sont remarquables. Ils interprètent avec retenue des êtres cassés par la vie mais plein d’espoir. Leurs conversations sont comptées. Dans un film de Kaurismäki, on ne dit que le strict minimum: le reste passe dans le regard et dans les gestes. Et quel regard! rn

Acteurs, réalisateur, personnages et images se fondent en un tout indiscernable. Un film éminement tendre, émouvant, beau. Du grand cinéma, assurément. Celui que seuls quelques génies, et le finlandais en est un, sont capables de produire. Cinéphile ou encore avide de (bonnes) découvertes? Vous savez ce qui vous reste à faire…